L’œil éco d'Yves de Kerdrel - La FDJ victime de son succès

Retrouvez la chronique éco d'Yves de Kerdrel les lundi, mardi et jeudi à 8h30. À réécouter en podcast ou sur nos chaînes YouTube ou Dailymotion.   Les actions de la Française des Jeux sont officiellement à vendre depuis une semaine. Comment ça se passe ? C’est une opération de privatisation qui est très surveillée, car […]

Le siège social de la FDJ relooké (Photo d'Éric Piermont / AFP)

Retrouvez la chronique éco d'Yves de Kerdrel les lundi, mardi et jeudi à 8h30. À réécouter en podcast ou sur nos chaînes YouTube ou Dailymotion.

 

Les actions de la Française des Jeux sont officiellement à vendre depuis une semaine. Comment ça se passe ?

C’est une opération de privatisation qui est très surveillée, car cela fait plusieurs années qu’il n’y en a pas eu. Et on assiste à une véritable ruée. D’abord de la part des actionnaires institutionnels : banques et assurances. Dès le 7 novembre, le quota d’actions qui leur était réservé était sur-souscrit ce qui est bon signe en général. Mais sur le milliard et demi attendu par l’État, il y a 600 millions qui doivent provenir des achats des particuliers. Et selon les informations de Sud Radio, depuis hier soir ce quota a été atteint. Ce qui signifie que l’offre va être sur-souscrite. Ce qui va avoir deux conséquences. La première, c’est que le prix de vente va être fixé dans le haut de la fourchette autour de 19,50 euros par action. La seconde, c’est que si vous avez réservé 100 actions vous pourrez peut-être n’en avoir que 80 ou 50. Tout dépendra du décompte final qui sera fait après le 19 novembre, date de la clôture de l’opération.

 

C’est donc une très bonne opération pour le gouvernement ?

C’est trois fois une bonne opération pour le gouvernement. D’abord parce qu’il va encaisser environ 1,5 milliards d’euros. Ensuite, parce que c’est un succès populaire et que cela permet aux Français de vider un peu leurs Livrets A et de renouer avec le risque. Enfin, parce qu’après avoir vendu la Française des Jeux il va continuer à toucher beaucoup d’argent de la part de cette société. Puisque sur tous les paris qui sont enregistrés par la Loterie Nationale, le Loto ou les Lotos sportifs, il y a un pourcentage qui revient à l’État. En fait, cette opération - pour le Trésor - c’est une chance au grattage et une chance au tirage. Même privatisée, la Française des Jeux va rester une poule aux œufs d’or pour l’État et son budget. Quant aux actionnaires, ils devraient voir le titre monter, au moins dans un premier temps. Et ils encaisseront un dividende représentant 3,3 % du prix d’achat, c’est-à-dire 5 fois plus que le Livret A. C’est dire si tout le monde peut être content.