Jean-Baptiste Giraud : "le Covid a révélé les fragilités du système"

Jean-Baptiste Giraud, auteur avec Jacques Bichot de "Dernière crise avant l’Apocalypse" (éditions Ring), était l’invité d’André Bercoff le mardi 14 septembre sur Sud Radio, dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Jean-Baptiste Giraud, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio.

Jean-Baptiste Giraud, auteur avec Jacques Bichot de "Dernière crise avant l’Apocalypse" (éditions Ring), était l’invité d’André Bercoff le mardi 14 septembre sur Sud Radio, dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Une crise qui existait avant le Covid

Sommes-nous à l’aube de l’Apocalypse ? Par Apocalypse, il faudrait ici entendre une crise économique sans précédent, bien plus importante que celle de 2008, qui oblige notre monde à revoir ses pratiques, sa façon de consommer, de vivre ? Pour le journaliste Jean-Baptiste Giraud, et pour l’économiste Jacques Bichot, cette Apocalypse est pour bientôt. La crise que nous traversons actuellement, et qui pourrait se poursuivre encore quelques années, serait même la dernière avant que tout n’explose. C’est tout l’objet de leur livre "Dernière crise avant l’Apocalypse" (éditions Ring).

Un postulat bien pessimiste, mais étayé par de nombreux indices, qui ne datent pas de l’apparition de la crise sanitaire. "Beaucoup pensent que le Covid est la crise, mais la crise préexistait au Covid. Les retraites, la Sécu, la natalité, les finances publiques et les exportations étaient en difficulté avant le Covid. Le Covid a révélé les fragilités du système", explique le journaliste, directeur de la rédaction d’Économie Matin. "Nous avons un énorme problème : nous vivons de plus en plus vieux, et nous n’avons pas financé cette nouvelle jeunesse, ce troisième âge et le quatrième âge", ajoute-t-il.

La facture de la dette et de l’argent facile

"L’argent coule à flot et ne vient de nulle part. Nous allons payer la facture à un moment donné. Il va y avoir une inflation massive, ou une taxation énorme", explique le journaliste. À la question de l’annulation de la dette, Jean-Baptiste Giraud rappelle qu’il y a toujours quelqu’un qui a donné cet argent, et il ne s’agit pas de la planche à billets. "Il y a des gens qui sont détenteurs de cette dette", lance-t-il. Et personne n’en a conscience.

Dans son dernier livre, Jean-Baptiste Giraud en appelle justement à une prise de conscience. "Lorsque l’économie a été mise à l’arrêt, beaucoup ont perdu leur emploi. Et certains n’ont pas touché de fonds de soutien. Ils ont mangé leur pain blanc et ils ont vendu le peu qu’il leur restait. Ils n’avaient plus que ça pour faire le plein au supermarché. C’est une réalité, et c’est en France. Cela ne va pas aller en s’améliorant", déclare-t-il.

Vers un retour à la terre ?

Pourtant, du point de vue de la gouvernance, à chaque fois qu’un problème apparaît, on crée une commission, un Beauvau, un Grenelle, ou on se déplace. On trouve des fonds, et on passe au problème suivant. "On peut toujours trouver de l’argent. Les retraites sont partiellement financées par le système, mais le reste, on l’emprunte", explique Jean-Baptiste Giraud. À chaque fois, le schéma est le même.

Un assistanat déguisé qui ne peut pas permettre à un pays de rebondir. Les fermetures d’usine, la balance commerciale déficitaire, et le revenu universel ne résoudront pas une telle situation. De là à pousser Jean-Baptiste Giraud à affirmer que "tous ceux qui sont à la campagne, avec des poules et des légumes dans leur potager, sont ceux qui sont dans la meilleure situation possible" face au contexte actuel…

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