Gilles Fontaine : "L'objectif de la Chine est de devenir LA grande puissance mondiale".

Gilles Fontaine, journaliste et rédacteur en chef de "Challenges", co-auteur avec Eric Chol de "Il est midi à Pékin" (éditions Fayard) était l’invité d’André Bercoff, jeudi 24 octobre sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-13h, "Bercoff dans tous ses états".

Gilles Fontaine invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

La Chine s'installe depuis plusieurs décennies comme l'une des grandes super puissances du monde. Elle y développe des savoir-faire chez elle mais aussi au-delà de ses frontières, jusqu'à atteindre nos terroirs et nos restaurants des belles cités alsaciennes. Gilles Fontaine et Éric Chol ont répertorié cette "empreinte" de la Chine un peu partout en France et sur la planète dans leur dernier livre Il est midi à Pékin.

 

Relier l'Empire du milieu au reste de la planète

Dans cet ouvrage, les deux journalistes ont pris parti "de diviser le livre en petites histoires très concrètes" dans tous les domaines : le vin, le tourisme, les nouvelles technologies, la culture, la défense et même... le football. L'objectif est de "montrer que la Chine d'aujourd'hui avance de manière empirique, c'est-à-dire pragmatique". Ce pragmatisme qui a "réussi à sortir la population en l'espace de deux-trois décennies du Moyen-Âge, jusqu'à créer une classe moyenne".

L'objectif pour la Chine, est de devenir "LA grande puissance mondiale". Mais avec "une approche différente des Américains ou des soviétiques", note le journaliste. "La Chine est devenue la plus grande usine du monde mais c'est aussi un immense laboratoire de recherche et de développement", constate-t-il. Et la Chine peut compter plusieurs cordes à son arc. "Ils ont beaucoup appris, c'est devenu une puissance technologique, militaire, spatiale...". Pour les auteurs, le projet de la Chine est "de relier l'Empire du milieu au reste de la planète". Dans ce contexte, elle mise sur la reconstruction des routes de la soie "à l'échelle planétaire". 

"Ils ont le temps et veulent surtout apprendre"

En France, l'implantation des Chinois est de plus en plus visible. Les auteurs donnent d'ailleurs plusieurs exemples parfois improbables. "L'exemple le plus parlant est l'Olympique Lyonnais". Alors que le club de football tente de s'internationaliser, il s'est tourné vers la Chine qui "est demandeuse de ce savoir-faire footballistique". "Ils ont probablement en ligne de mire l'organisation d'une Coupe du monde", note Gilles Fontaine. Et pour les Chinois, l'OL a un très bon savoir-faire en terme de formation de joueurs. Plus médiatique, Colmar (Haut-Rhin) "est devenue la cité vedette d'un reality show". L'émission regardée par plusieurs centaines de millions de Chinois met en scène des amateurs de restaurant, qui "après avoir appréciés le repas", se rendent compte que le cuisinier est un Chinois. Enfin, l'exemple le plus symbolique, c'est l'implantation des Chinois dans le vignoble bordelais. "Le vin intéresse beaucoup la Chine", souligne l'auteur. "Les Chinois ont déjà des vignobles mais ont pas mal investi dans le bordelais où ils rachètent des vignobles", relève-t-il.

Les Chinois n'ont pas la même vision de l'économie. "Le retour sur investissement n'est pas toujours le premier critère. Ils ont le temps et veulent surtout apprendre", indique Gilles Fontaine. "Ils se sont nourris des réflexions de grands économistes et penseurs contemporains des courants économiques pour construire leur capitalisme chinois", note-t-il. Pour lui, la Chine "a une partie qui apprend (via le football) et un souci d'assurer la pérennité de son pays, de ses dirigeants". C'est ce qui explique également la volonté pour l'Empire du milieu de "mettre la main sur les matières premières, les composants qui servent aux produits électroniques", présents en Afrique.

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