Gers : les agriculteurs s'inquiètent des fortes précipitations

Gers : les agriculteurs s'inquiètent des fortes précipitations

Les fortes précipitations qui secouent le pays depuis quelques semaines menacent le secteur de l'agriculture. Reportage dans le Gers.

Le printemps n'a jamais semblé aussi pluvieux. Entre les orages de grêle, qui ont décimé certains vignobles du bordelais, les impacts de foudre sans précédent ou encore les fortes précipitations ayant entraîné des inondations, le pays n'est guère épargné par les intempéries ces temps-ci. Plusieurs records de pluviométrie ont d'ores et déjà été battus dans certaines régions et la forte concentration d'eau menace des secteurs, dont l'agriculture. Reportage dans le canton de Masseube (Gers).

"On part à la catastrophe"

Avec les pluies diluviennes qui se sont abattues ces dernières semaines sur le Gers, les agriculteurs font grise mine et nombreux sont ceux qui ne peuvent que constater les dégâts. Pour beaucoup, il faut se rendre à l'évidence, la saison agricole semble compromise. Jean-Pierre Bouas est éleveur et comme chaque année à cette période de la saison, il devrait être en train de s'activer pour ses fourrages, mais avec des sols gorgés d'eau, la tâche s'avère impossible. Ses bêtes restent donc parquées dans un hangar pour pouvoir être nourries correctement. Du jamais vu, selon lui. "À cette époque-ci, normalement, 80 % du troupeau est dehors mais on les soigne à l'intérieur, le terrain est tellement trempé", explique-t-il. "Ce sera une année compliquée parce que, déjà, la valeur nutritive des stocks de fourrage n'est plus là (...) et ce qui n'est pas encore fauché est en train de pourrir sur place", déplore-t-il encore, la mort dans l'âme.

Et Jean-Pierre n'est pas le seul exploitant à subir les affres de la météo. Selon André Belvèze (agriculteur et président du Modef 32), les conséquences s'annoncent désastreuses pour les récoltes. "Il n'arrête pas de pleuvoir donc les maladies se sont installées sur les blés (...) les orges aussi. Les champs sont recouverts d'eau, les tournesol et les maïs sont sous l'eau", explique-t-il avec dépit. "Est-ce qu'il va falloir resemer, est-ce que l'on va pouvoir le faire ? On part à la catastrophe", prévient-il, presque fataliste.

Et les agriculteurs ne sont pas au bout de leur peine puisque de nouvelles précipitations, accompagnées d'épisodes orageux, sont attendues dans les jours qui viennent.

Propos recueillis par Christine Bouillot

 

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