éditorial

L'édito de Yves de Kerdrel

Yves de Kerdrel Sud Radio Éditorialiste
Economie

De nouvelles compagnies de « bus Macron » mises en vente

Nous avons appris hier la vente par le groupe Transdev de ses filiales Eurolines et Isilines à l’allemand Flixbus. Est-ce que ça veut dire que les fameux Cars Macron ne seraient pas le succès espéré ?

 

 

Vous vous rappelez du lancement de ces fameux Cars Macron il y a quatre ans. C’était sa première mesure en tant que Ministre de l’Economie

Son but était de créer une concurrence pour la SNCF et permettre à une clientèle plus jeune de voyager aussi loin qu’avec le train.

La demande était bien au rendez-vous puisqu’au troisième trimestre 2018, 2,6 millions de passagers ont utilisé les cars Macron.

Le problème c’est que beaucoup trop de compagnies ont voulu se jeter sur ce marché tout neuf et qu’il n’y avait pas de place pour tout le monde

Résultat, il y a quelques mois on apprenait que la SNCF vendrait sa filiale Ouibus à Blablacar qui s’apprête à la transformer en BlablaBus

Et Maintenant c’est Transdev, filiale de la Caisse des Dépôts, qui jette l’éponge en vendant cette activité à un concurrent allemand.

Ça veut dire que les deux entreprises publiques qui s’étaient lancées sur ce marché ont déjà tiré un trait un peu moins de quatre ans après le lancement des Cars Macron.

 

Mais si la demande est là, ça finira bien par marcher ?

En principe oui. D’emblée la concurrence était trop grande. Si bien que les compagnies de bus ont pratiqué les prix les plus bas possibles

Le dernier chiffre disponible montre qu’en moyenne les utilisateurs payaient environ 5 euros pour faire 100 kilomètres

Cela explique pourquoi aujourd’hui aucune des compagnies de Car Macron qui ont été lancées en 2015 n’est rentable.

Maintenant qu’il n’y a plus que deux opérateurs l’allemand Flixbus et Blablabus qui veut justement attaquer le marché allemand, les prix vont commencer à remonter.

Donc il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Ça a été pareil lorsque la téléphonie mobile est apparue, il faut que le marché se structure et puis se restructure. Mais cela permet à beaucoup de gens qui n’auraient pas pu voyager, de le faire, en prenant leur temps et à des prix très bas.

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