L’inflammation chronique gagne du terrain en France. Mal du siècle pourtant méconnu, elle concerne des millions de Français et représente un enjeu majeur de santé publique. "Nos sociétés sont enflammées, nos débats, nos esprits et donc, nos corps", détaille le Dr. Coen, auteur d’"Anti-inflammatoire, la maladie chronique silencieuse", invité de Sud Radio ce 16 septembre 2026.
Inflammation aiguë vs inflammation chronique
Pas de coup violent ni d’entorse, contrairement à l’inflammation aiguë, l’inflammation chronique est dite, de bas grade. Conséquence d’une usure à répétition, ou combinaison de divers facteurs, elle apparaît un jour et s’installe durablement. Problème ? Elle dégrade bien souvent les cellules du corps.
Résultat ? Des douleurs inconnues, des maladies cardiovasculaires, parfois même, des cancers ou maladies dégénératives type Alzheimer, se développent dans votre corps. Pour des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, 2023 enregistrait environ 315 500 personnes prises en charge.
Des symptômes visibles au quotidien, méconnus et minimisés
Malaise inexpliqué, fatigue irraisonnée et permanente, ballonnements quotidiens, des désagréments somme toute banals, et pourtant. Ils sont les principaux indicateurs d’inflammation. Problème ? La population ne maîtrise pas le sujet. Mal informés, mésinformés, voire non informés, les Français laissent courir leurs soucis, sans imaginer qu’ils pourraient empirer.
Autre souci ? En médecine, les normes de référence sont souvent prises à la légère, déplore le Dr. Coen. "Si le professionnel voit que vos marqueurs inflammatoires sont à 4 et que le maximum est à 3,3, il estimera que ce n’est pas très loin, ça va. En réalité, c’est le premier signe que quelque chose ne va pas : il faut enquêter".
😵 Inflammation chronique : comment la repérer ?
— Sud Radio (@SudRadio) September 16, 2026
🗣️ @JeanMichelCohen : « Si vous êtes fatigué alors que vous croyez avoir fait une bonne nuit de sommeil, vous avez probablement une inflammation de bas grade »
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Un bilan sanguin pour détecter, des habitudes de vie à analyser
Si le doute plane, les laboratoires d’analyse peuvent tester les taux d’inflammation par bilan sanguin. On se réfère notamment au CRP, (protéine C-réactive). Une fois l’inflammation chronique avérée, place à l’investigation. Pourquoi le corps réagit ? Quels sont les éléments déclencheurs ? Alimentation, mode de vie, stress, interactions sociales, sport, sommeil, les causes sont souvent variées et multiples.
L’alimentation avant les compléments
Complexe "cheveux brillants", "peau parfaite" ou coffret "anti-fatigue", les compléments alimentaires cartonnent auprès des Français. Pour autant, leurs bienfaits restent non prouvés. Mieux vaut revoir ses habitudes et son mode de vie. Après des années de recherches, le Dr. Coen constate l'influence de l'alimentation sur la santé.
L'importance de l'environnement : "Ceux qui n'y croient pas sont des ânes !"
Et aujourd'hui, "on veut manger vite, tout prêt, rapidement. On ingurgite beaucoup de produits chimiques, industriels aux colorants artificiels. Les fast-foods à la sortie du collège, les repas scotchés au téléphone : ça détraque l’environnement. Un élément qui est devenu extrêmement important. Ceux qui n’y croient pas sont des ânes !" Le manque de temps pousse à la consommation de produits industriels. Souvent moins chers, mais qui coûtent à l’espérance de vie de nos générations connectées.
Les produits laitiers : un mythe à reconstruire et déconstruire
"Les produits laitiers sont nos amis pour la vie", ou peut-être pas ? Avec une médiatisation toujours plus forte des sujets santé, difficile de faire la part des choses. Acné, prise de poids, dérèglement hormonal, les laitages ont tous les torts en 2026. Cliché ou réalité ? Il n’existe visiblement pas de vérité absolue.
"Ça peut être vrai, dans le sens où un aliment surconsommé, n’est jamais bon. En réalité, il n’y a pas de preuve scientifique qui prouve que les laitages dégradent la santé, même si de nombreuses personnes sont intolérantes au lactose ou allergiques à la caséine [protéine de lait]. Là, il y a inflammation." Le lait élève effectivement le taux de cholestérol, mais "il est accusé de tous les maux et maladies, à tort."
"L’alimentation du 20e siècle a décalé nos comportements alimentaires"
Journée interminable, transports retardés, en rentrant chez vous : place au goûter ! Une petite tartine de confiture ? Oui, sauf qu’aujourd’hui, la marmelade de fraises n’est plus complétée par du sucre, mais par "des sirops de glucose ou fructose, bien moins bons pour la santé".
Un yaourt fera donc mieux l’affaire : tout ce qui est végétal est sain, pourquoi pas au coco ou au soja ? L'intention est louable, la tentative, un échec car au dos du pot : "Amidon modifié, épaississant, sucre ajouté s'invitent dans les ingrédients. Ce n’est pas une question d’animal ou végétal, c’est la composition qui fait la différence !"
Solution ? Faire mieux, plutôt que parfait !
Améliorer l’alimentation "autant que possible", dormir 30 minutes de plus par jour, ou faire ses petites courses à pied plutôt qu'en voiture : des gestes simples, presque anodins, mais qui à force de temps, améliorent le quotidien. Et dans nos assiettes ? "Il faut plus de bons lipides comme l’huile d’olive et pas de pépin de courge ou de colza qui sont inflammatoires, des graines… Les agriculteurs mangent souvent mieux que les Français de la ville parce qu’ils ont des aliments bruts, des œufs frais et que l’industriel n’a quasiment pas sa place dans leurs fermes." Les régimes nordiques et méditerranéens sont considérés comme alimentations saines par excellence.