Entre loyers impayés, logements laissés vacants et procédures juridiques complexes, ces situations s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions sur le marché locatif et d’augmentation des contentieux.
Un départ "à la cloche de bois", ce n'est pas raisonnable
Le phénomène des départs "à la cloche de bois" reste difficile à quantifier précisément, mais il constitue une réalité bien connue des propriétaires et des professionnels de l’immobilier. Il désigne le fait pour un locataire de quitter son logement sans donner congé, sans respecter le préavis légal et souvent en laissant derrière lui des impayés.
"Je pense que c'est effectivement un phénomène en augmentation. Moi, j'en ai toujours eu à mon cabinet, ces départs à la cloche de bois. Cela existe effectivement depuis longtemps", témoigne au micro de Sud Radio Maître Romain Rossi-Landi, avocat spécialiste de l'immobilier. Pour celui qui est au premières loges pour observer ce phénomène, ce dernier demeure un mystère. "Un cabinet d'avocats, c'est un peu un laboratoire : la crise du logement, ça fait dix ans qu'on la voyait venir au cabinet, avec les impayés qui augmentent. Le départ 'à la cloche de bois', moi, je ne le comprends pas. Ça ne sert à rien pour le locataire, parce qu'il ne faut pas oublier qu'il doit continuer à payer les loyers jusqu'à la remise des clés. Donc, s'il ne rend pas les clés, c'est idiot - le compteur continue à tourner. Donc, j'ai jamais compris ce phénomène. Je crois qu'il y a beaucoup de locataires qui s'imaginent, parce qu'ils sont partis, ils ne doivent plus payer - c'est faux", poursuit Romain Rossi-Landi à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
Une situation juridiquement complexe
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un logement ne peut pas être immédiatement remis en location dès lors que le locataire semble être parti. En droit, l’occupation du logement se poursuit tant que le bail n’est pas officiellement résilié. "Notre droit n'est absolument pas adaptée aux situations d'abandon. La principale difficulté pour le propriétaire qui suspecte que son locataire est parti, c'est de ne pas se rendre coupable d'une violation de domicile. Donc, il faut vraiment être certain que le locataire est parti, et c'est très compliqué dans la pratique", explique Maître Romain Rossi-Landi.
Les départs sans préavis peuvent avoir des conséquences lourdes pour les bailleurs. En plus des loyers impayés, ils doivent parfois faire face à des charges non réglées, voire à des dégradations du logement. À cela s’ajoute la période de vacance locative, durant laquelle le bien ne génère aucun revenu. Cette situation peut fragiliser certains propriétaires, notamment ceux qui dépendent des loyers pour rembourser un crédit immobilier.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.