Ukraine : Mezri Haddad dénonce la responsabilité des intellectuels

Quelle est la place des intellectuels dans la recherche d’un nouvel ordre mondial ? Alors que toutes les cartes sont rebattues, quelle responsabilité incombe aux élites ? Pour en parler, Mezri Haddad, auteur de "Du conflit de civilisation à la guerre de substitution", aux Éditions Jean Cyrille Godefroy, était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio lundi 28 novembre dans "Bercoff dans tous ses états".

Mezri Haddad
Mezri Haddad, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio

La guerre en Ukraine est-elle le symbole du bouleversement des cartes de l’ordre du monde ? Oui, pour Mezri Haddad, qui rappelle l’importance et la responsabilité des intellectuels dans cette période de troubles.

La responsabilité des intellectuels dans la compréhension de l’actualité

"J’accuse beaucoup plus les élites intellectuelles et médiatiques, que les élites politiques. Ils sont dans leur rôle. Le mensonge est inhérent au politique. La violence est inhérente au politique. D’un point de vue philosophique. Les élites intellectuelles sont davantage coupables car elles devraient être la voie de la sagesse. En gros, le contraire du politique", explique Mezri Haddad, auteur de Du conflit de civilisation à la guerre de substitution, aux Éditions Jean Cyrille Godefroy. Le ton est donné.

Ce reproche notamment est fait aux élites médiatiques et aux intellectuels, de partir en guerre de façon encore plus hystérique que les politiques. Prenant comme exemple la guerre en Ukraine, Mezri Haddad rappelle la prudence d’Emmanuel Macron face à des intellectuels "va-t-en guerre", sans plus de nuance que cela. "On a oublié l’essentiel. L’essentiel, c’est ce qui s’est passé avant. C’est de n’avoir pas tenu compte du minimum demandé par les Russes, dans cette histoire de frontières", lance-t-il, sans disculper les propos et les actions du président Poutine.

Vers un monde multipolaire ?

Pour Mezri Hadad, ce qui se joue actuellement, c’est la question du nouvel ordre mondial, et pour quelle civilisation. "Ce n’est pas forcément le Leviathan américain, ni ceux qui le suivent. Je croix en l’universalisme, mais pas n’importe lequel. Les Russes, les Chinois, une grande partie du monde arabe, ne veulent plus de cet ordre mondial qui s’est imposé après l’implosion de l’URSS", précise-t-il, appelant de ses voeux un monde multipolaire. 

Pour autant, explique Mezri Haddad, l’Occident historique est capable d’un sursaut. "Il y a derrière lui une vraie civilisation", lance-t-il, à condition que "le ventre mou de l’Occident que sont l’Europe et la France", se retrousse les manches. "On sait ce que défendent les États-Unis. Mais que défend l’Europe ?", s’interroge-t-il. 

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !