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Steeve Koonin : "Le GIEC cherche à persuader et pas à informer"

Par Jean Baptiste Giraud

Steeve Koonin, auteur du livre "Climat, la part d’incertitude" (Éditions de l’Artilleur), était l'invité de "Bercoff dans tous ses états" le 22 mars 2023 sur Sud Radio.

Steeve Koonin
Steeve Koonin, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Steeve Koonin est professeur de physique théorique au California Institute of Technology. Il a été sous-secrétaire d’État à la science sous l’administration Obama.

 

Steeve Koonin : "Pour voir ce que la science est vraiment, il faut dépasser les discours politiques"

"Quand on pratique la science, c’est un outil pour réduire l’incertitude. Les scientifiques ont un langage pour décrire à quel point quelque chose est certain ou non. Mais lorsqu’il s’agit de systèmes plus complexes comme le corps, le vivant, la biologie ou le climat, il n’y a que peu de choses que nous pouvons dire avec certitude. Pour voir ce que la science est vraiment, il faut dépasser les discours politiques, le discours des médias, ce que disent les associations, les ONG et aller dans les papiers de recherche. Et très peu de personnes ont la formation ou la patience pour aller lire ces immenses documents. L’un de mes objectifs dans l’écriture de ce livre était de donner aux non-experts la vision de ce qu’il y a dans ces articles scientifiques, dans ces données, y compris dans les rapports du GIEC, et pas seulement dans les rapports de synthèse.

 


Un certain nombre de choses sont assez certaines. Par exemple, sur les 120 dernières années, les températures moyennes sur Terre ont augmenté de 1 ou 1,2 ˚C. Autre chose dont on est certains : la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a augmenté. Et ce, dû essentiellement à la combustion de combustibles fossiles. Et tout le monde est d’accord pour dire que ces gaz réchauffent l’atmosphère. Mais en regardant la façon dont les températures ont augmenté, on s’aperçoit que les choses ne sont pas aussi simples que ça. Alors même que cette influence s’est fait sentir pendant un siècle entier, le réchauffement, lui, n’est pas observé sur un siècle entier", a déclaré Steeve Koonin.

"Il y a dix fois plus de gens qui meurent de froid que de gens qui meurent de vagues de chaleur"

"Mais l’idée selon laquelle on peut s’attendre à une catastrophe climatique dans le siècle à venir, c’est quelque chose qui n’est pas justifié dans le rapport du GIEC. Si on suppose un réchauffement de quelques degrés d’ici la fin de ce siècle, le Cinquième rapport d’évaluation du GIEC estime que cet impact serait de quelques points de pourcentage. Le chapitre 10 dit qu’il a bien d’autres choses : l’aspect technologique, démographique, commercial, la gouvernance… : tout cela aura un impact beaucoup plus substantiel sur l’économie mondiale. Il y a quatre ans, lorsque j’ai lu ces choses, qui sont tout à la fin du rapport, j’ai été sidéré de lire ça. Cette information a d’ailleurs été confirmée par d’autres études. Et puisqu’on nous dit qu’il faut suivre la science, et que le GIEC est le meilleur groupe d’experts sur la question, c’est cela qu’il faut suivre et pas autre chose.

 


Dans le dernier rapport du GIEC, qui a été publié le 20 mars 2023, il est affirmé qu’il y a davantage de gens qui meurent en raison de canicules. Et c’est complètement vrai. Mais c’est la seule information qu’on y trouve concernant les températures et les morts humaines. Sauf que si vous regardez les données du rapport, il y a dix fois plus de gens qui meurent de froid que de gens qui meurent de vagues de chaleur. À chaque fois que nous lisons ces résumés de rapports, nous voyons que le GIEC cherche à persuader des gens qui sont des non-experts, et pas à les informer. Tout ce qu’ils écrivent est à prendre avec des pincettes", a poursuivi Steeve Koonin.


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