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Woke : "On est face à un mouvement qui ne peut que s'autodétruire" pour Pierre Valentin

Par Adélaïde Motte

Révolution woke : Guillaume Bigot en parle sur Sud Radio le 18 décembre.

woke
Pierre Valentin, invité de Guillaume Bigot dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Révolution woke : "On entre clairement dans un âge identitaire"

Comprendre la révolution woke permet à Pierre Valentin de rappeler que le wokisme n'est "ni modéré ni radical". Il cite ainsi la présidente d'Harvard, qui avait refusé de condamner inconditionnellement l'antisémitisme car "ça dépend du contexte", et n'avait pas été limogée. Pierre Valentin cite également deux livres, Moi, les hommes, je les déteste, ainsi que Le génie lesbien d'Alice Coffin. Ce sont des "gens qui estiment que le système est en leur défaveur" alors qu'il n'existe aucun livre nommé Le génie hétérosexuel ou Moi, les femmes, je les déteste. Il rappelle que ce rejet des hommes est illustré dans La ferme des animaux, de Georges Orwell. Ainsi, lorsque le moulin, construit par les animaux autonomes, s'écroule pendant la nuit à cause d'une tempête, les animaux ont au réveil trois réactions possibles. D'abord "la posture de responsabilisation", qui consiste à constater un défaut de construction, donc une faute des animaux eux-mêmes. Ensuite, "le tragique, les aléas climatiques", et enfin la désignation d'un "bouc émissaire". C'est cette troisième voie que choisissent les animaux, mais aussi les woke dans leur détestation de l'homme et du blanc. "Le ressentiment les tient en laisse, les woke sont mus par cette émotion très sombre."

Ce ressentiment est loin d'être anodin. "Eux-mêmes admettent un continuum entre les paroles et les actes, et dans leurs discours, ils sont capables d'aller très très loin", avertit Pierre Valentin, rappelant que certains considèrent la "blanchitude" comme un "virus mortel" et que d'autres imaginent vider un pistolet dans la tête d'un Blanc en ayant conscience d'avoir rendu "un putain de service". SOS Racisme lui-même n'a rien de neutre, et Pierre Valentin appelle à cesser de croire à "cette neutralité raciale". "On n'était pas dans un rééquilibrage mais dans une revanche, il faut arriver à se défaire du mythe rétrospectif". "SOS racisme était déjà une américanisation du débat français", or, "leur histoire sur la question de la race est beaucoup plus forte que chez nous."

"Orwell nous a donné une grille de lecture conceptuelle"

"Vous avez un point de départ, si vous le prenez uniquement de façon négative, vous finissez fatalement par revenir au point de départ", explique Pierre Valentin, reprenant l'exemple de La ferme des animaux. "Orwell nous a donné une grille de lecture conceptuelle pour décrire pourquoi c'était inévitable", "la dernière scène de la ferme des animaux, c'est les cochons et les hommes qui trinquent ensemble après avoir dit 'exterminez l'homme'". "Dans le post-colonialisme, on a un certain nombre d'auteurs qui font du Michel Foucault dans le texte mais sans le citer pour ne pas trop citer de mal blanc", "ce rapport à la filiation est très paradoxal, on assume de dépendre du père mais à la fin, il faut tuer le père."

Tuer le père ne se fait pas uniquement dans les philosophes. Il s'agit aussi pour les associations woke de tuer l'État, malgré les "subventions étatiques dont ils dépendent" et qui leur permettent de "se protéger de la sanction du marché et des électeurs". C'est une "relation adolescente à l'autorité, un rapport immature", où l'on trouve "une grande dépendance de par la surprotection", mais aussi "cette réaction à toute forme d'autorité". France TV Slash, la version jeune de France info, qui appartient au service public, "est d'une radicalité hallucinante, avec nos impôts". C'est "l'État qui explique que l'État fait mal son travail, on tolère cet espèce de masochisme subventionné en circuit court." La dépendance à l'État se fait par les subventions, mais aussi par une recherche constante de reconnaissance. C'est ce qui motive la transformation de certains grands personnages historiques. "On a cherché à interpréter une Jeanne d'Arc non-binaire" et à "faire de Shakespeare un pionnier de la cause transgenre. Dans les deux cas, on dit 'la preuve que les anciennes figures sont géniales, c'est qu'elles pensent comme moi maintenant'." Il y a ainsi "un rapport d'arrogance et de narcissisme très fort" dans le wokisme, ce qui prouve une grande "dépendance affective". "Si on était certains de s'aimer, on passerait pas notre temps à demander aux autres de dire qu'on est génial", conclut Pierre Valentin.

La position "victimaire" woke "est addictive et contagieuse"

"L'identité dans le cadre woke, c'est de l'identité individuelle", cela consiste à "se construire en opposition avec l'identité nationale". "La seule chose qui les réunit, c'est d'être contre la conception traditionnelle des rapports homme-femme depuis dix siècles", explique Pierre Valentin qui ajoute qu'"ils vont tourner les uns envers les autres, la seule question, c'est qu'est-ce qu'il restera de la France à ce stade." D'autant plus que certains "s'épuisent à trouver des nuances dans un mouvement qui n'en connaît aucune", sans se rendre compte qu'"ils négocient le luxe d'être guillotinés en dernier". "Ils sont en train de nourrir un tigre qui va finir par les dévorer eux". "Le serpent se mord la queue mais autour de notre cou. On est face à un mouvement qui ne peut que s'autodétruire, on a un mouvement alliance LGB au Royaume-Uni qui a exclu les autres lettres", continue Pierre Valentin, qui mentionne également l'existence de "white adjacent", c'est-à-dire "quasi blancs", pour qualifier les Asiatiques.

Le wokisme remet en cause tout ce qui fait le système, et aucune vérité n'est donc acceptable. "Il n'y a pas de savoir objectif parce que c'est le système qui promeut un certain savoir", "le système étiquette arbitrairement les personnes qui souffrent de troubles", "in fine plus rien n'est vrai". "Tout est rapport de force, il faudrait voir pourquoi les Athéniens ont promu l'algèbre", dénonce Pierre Valentin, qui explique que les woke sont persuadés de l'existence d'une "stratégie de pouvoir pour imposer une norme". "C'est toujours la faute du système", explique-t-il, prenant l'exemple du taux de suicide chez les transexuels. "Le taux de suicide est gigantesque avant transition mais il est le même après transition", et les woke expliquent cela par le système qui a persécuté les personnes ayant transitionné. Alors comment combattre le wokisme ? "Au vu de la popularité dans les jeunes générations, si on n'est pas capables de proposer un autre récit, on n'y arrivera pas. L'inverse de la haine de soi, c'est la fierté de soi, c'est beaucoup plus unificateur". "On n'a jamais convaincu qui que ce soit d'abandonner sa bouée de sauvetage en lui disant qu'elle était cancérigène", conclut-il, affirmant que le wokisme est "un appel à l'aide qu'il faut entendre."

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.

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