L’insurrection, l’ultra-gauche, les ZAD, les Black Blocs. On fait beaucoup de confusions entre des mouvements qui existent depuis longtemps. Tous ces gens sortent du moule, et ont décidé de s’attaquer au vieux monde.
De Mai 68 aux Black Blocs
Derrière toutes ces étiquettes se cache le mouvement autonome. Un mouvement qui ne peut pas accepter les choses telles qu’elles sont, et qui de fait se révolte. Un mouvement qu’a tenté de décrire Arthur Pouliquen dans son dernier livre, Le monde ou rien, publié aux éditions du Cerf. "Je commence à revenir sur l’histoire des marges, dans les révolutions, pour montrer qu’il y a une continuité historique entre ces personnes qui n’ont jamais voulu être récupérés, et qui ont maintenu cette flamme vivante à travers les époques et sous bien des formes" explique-t-il sur Sud Radio.
Dans notre époque contemporaine, ces mouvements actuels viennent tous de Mai 68. "On a tendance à limiter Mai 68 aux grandes figures qui ont réussi. Pourtant, un grand nombre d’acteurs ont poursuivi leur engagement sous bien des formes, souvent déçus par l’échec de Mai 68 comme révolution. Et pour autant, alimentés par cette dynamique, et allant chercher d’autres portes comme en Allemagne ou en Italie" ajoute-t-il.
Refuser l’existant
Dans tout cela, le dénominateur commun pourrait être le refus de l’existant. "Les lois du marché évidemment, mais aussi la vie courante, l’amour, l’amitié. On va rechercher d’autres possibilités de relations humaines" lance-t-il au micro d’André Bercoff, ajoutant que ces mouvements se nourrissent par ailleurs de l’extrême gauche et du communisme, dans ce refus de la société actuelle.
Côté limites du mouvement, on retrouvera le fait de "partir dans tous les sens". "Cependant ça témoigne aussi d’une époque où l’engagement est fluide. On passe très vite de l’un à l’autre. On ne s’engage plus dans un parti ou un mouvement à vie. C’est une grosse limite de l’autonomie, c’est un mouvement juvénile qui a beaucoup de mal à demander des choses à des personnes qui fondent une famille et ont une carrière. C’est un mouvement qui en demande beaucoup" conclut Arthur Pouliquen.
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