Pour François de Closets, la génération des boomers "a tout pris pour elle"

Les boomers, que l’on a rattachés aujourd’hui aux électeurs d’Emmanuel Macron, ont-ils fait sombrer la France dans le déclin ? Qui est cette génération que l’on qualifie d’égoïste ? Pour en parler, le journaliste et essayiste François de Closets était l’invité de “Bercoff dans tous ses états", pour son livre "La Parenthèse Boomers" (éd. Fayard).

François de Closets
François de Closets, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

À 88 ans, François de Closets est ce que l’on appelle un boomer. Pourtant il n’y va pas de main morte lorsqu’il évoque cette catégorie sociale et démographique. Dans son dernier livre, La Parenthèse Boomers (éd. Fayard), le journaliste offre un brûlot, documenté, très renseigné, fort de nombreuses analyses, sur ces boomers que plus personne, ou presque, ne veut voir aujourd’hui. Pour François de Closets, ceux que l’on a vus rejoindre le camp d’Emmanuel Macron durant la dernière élection présidentielle ont fait basculer la France de la prospérité au déclin.

Le bilan des boomers ? Près de 3.000 milliards d’euros de dettes

Pourquoi tant de haine ? Pour François de Closets, c’est "une simple constatation". "Cette France de 1970, on l’a oubliée aux yeux de l’Amérique. La France était le dragon de l’Europe. Elle devait être le pays le plus influent de l’Europe. Elle avait des finances en parfait état, un tissu industriel. La France d’aujourd’hui ne peut plus vendre car elle ne sait plus produire. C’est une France qui a accumulé sur le dos de ses enfants près de 3.000 milliards d’euros de dettes", explique-t-il sur Sud Radio.

La cause de ce grand basculement ? Les boomers. "Il n’y a pas eu de guerre, ni de famine, ni d’épidémie. Ces 50 ans, je les ai appelés la parenthèse boomers. Une parenthèse n’existe que quand elle se referme. Elle s’est refermée avec le coronavirus, et maintenant avec l’Ukraine. Cette parenthèse enchantée, et la génération qui était au pouvoir, a détruit la prospérité de la France gaulliste", ajoute-t-il. Le ton est donné.

Le rôle d’une génération

Ce que reproche François de Closets à cette génération, c’est de n’avoir pas rempli son rôle. "Qu’est-ce que le rôle d’une génération ? C’est d’assurer la continuité, de faire en sorte que les suivants prennent la suite dans les meilleures conditions. Mais pas du tout. Elle a tout pris pour elle. Elle a accumulé toutes les difficultés sous la forme de dettes, sur le dos de ses enfants", lance encore l’ancien journaliste, qui du haut de son âge de boomer, n’en a pas fini de surprendre.

"Durant des décennies, j’ai commis des livres en expliquant à qui était la faute, si la France était mal gérée. Là, la gauche, là la droite. Là les syndicats, là le patronat. Et puis, je me suis dit que je n’y étais pas. Je n’avais pas vu le principal acteur de ce drame : la génération. Cela veut dire que les gens d’un même âge ont les mêmes intérêts, les mêmes idées, les mêmes paradigmes", conclut-il, enfonçant le dernier clou du cercueil d’une génération responsable.

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