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Marie-Estelle Dupont : "84% de la jeunesse violente est une jeunesse violentée"

Être parent est devenu un sport de combat. D’autant plus en période de crise et face à une jeunesse de plus en plus violente. Dans son dernier livre, la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont met l’accent sur l’équilibre psychologique de nos enfants en ces temps compliqués.

Marie-Estelle Dupont, sur la jeunesse violente, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.
Marie-Estelle Dupont, sur la jeunesse violente, invitée d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Quand la jeunesse régresse vers la barbarie

La violence est de plus en plus présente chez nos enfants. Que ce soit à travers la délinquance et la radicalisation, ou à travers des pratiques sexuelles exercées de plus en plus tôt. « On est passé dans un registre de barbarie, de déshumanisation. Il faut faire le lien entre la jeunesse violente et la jeunesse violentée. Les premières victimes des jeunes violents, ce sont avant tout les jeunes. Et en tant qu’adulte, on se retrouve en miroir avec une difficulté de pensée » explique Marie-Estelle Dupont sur Sud Radio avant de poser la question suivante : « qu’est ce qui dans notre posture vis-à-vis de la jeunesse, rend possible ce niveau de barbarie ? »

Dans notre modèle de société, explique-t-elle, « nous avons réussi le mariage entre le pire du communisme et le pire du néolibéralisme ». « On est dans une anthropologie matérialiste où l’homme est réduit à ses conduites et à ses modes de consommation. Et il n’y a plus de sacré. Tout est possible. Dans l’idéologie actuelle, il y a de nombreux éléments qui poussent les jeunes vers la violence. On a fait sauter tous les cadres d’autorité. Et lorsqu’il n’y a plus d’autorité, il ne reste que la loi du plus fort » ajoute-t-elle.

« Nous avons fait sauter toutes les valeurs »

Voici pour les éléments sociaux. S’ajoutent à eux les éléments familiaux. « 84% des jeunes violents ont subi des violences dans leurs familles avec des parents qui ne font pas respecter une loi qu’ils s’appliquent à eux-même, mais qui fonctionnement sous le prisme clanique de la violence » lance encore Marie-Estelle Dupont. Pour cette dernière, le fait d’avoir fait sauter tous les cadres, a également fait sauter les valeurs. « Le progressisme déteste la notion de bien et de mal ».

« Quand on refuse l’autorité, on abandonne ces jeunes ». « Si on refuse l’interdit et l’autorité à un enfant, on l’abandonne. La tendresse et la douceur ne peuvent pas tout faire. Quand on ne le sanctionne pas, on lui dit : tu n’existes pas. Un enfant a besoin de comprendre qu’il y a des règles, besoin de comprendre comment le monde s’organise. On les abandonne à leur violence » conclut Marie-Estelle Dupont.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff du lundi au jeudi  à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.
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