"Le Parti communiste et le PS historique se sont perdus" juge André Gerin

André Gerin, ouvrier durant 21 ans, maire de Vénissieux pendant 24 ans, était l’invité de “Bercoff dans tous ses états". Il claque la porte du PCF après le ralliement à la NUPES qu’il dénonce comme une « compromission ».

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André Gerin, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"C’est un sacrifice parce que je n’oublie pas qui m’a fait roi explique André Gerin. Mon expérience ouvrière, de technicien, mon expérience syndicale et politique fait que tout mon parcours, je le dois pour l’essentiel au Parti Communiste Français (PCF). C’est en même temps une libération, puisqu’étant dissident depuis 2000, le Congrès de Martigues avec Robert Hue, j’étais en dissidence dans cette orientation" raconte-t-il.

"J’étais en dissidence vis-à-vis de Marie-George Buffet, j’étais en dissidence vis-à-vis de Pierre Laurent énumère l'ancien maire communiste. Je me suis opposé tête baissée contre la candidature de Mélenchon en 2012 et 2017. Aujourd’hui, je ne dirai pas que j’ai pété les plombs, j’ai juste envie de dire Stop au PCF. En même temps, je revendique, plus que jamais, mon ADN communiste."

 

Pour André Gerin, le Parti communiste a abandonné de nombreux combats

"D’abord le problème du déclin du PCF est dû au Parti socialiste. C’est une nouvelle donne par rapport aux dernières années. Pour moi, le PCF et le PS historique se sont perdus juge André Gerin. Depuis une quarantaine d’années on s’est défoncés sur plein de sujets. La sécurité par exemple, depuis quarante ans, on est complètement cons. On fait comme si la sécurité était un problème idéologique, alors que pour moi, la sécurité est un problème républicain, d’intérêt général et nécessaire pour le cadre de vie. C’est un problème de la vie quotidienne."

"Or, aujourd’hui, et je le dis dans mon document, on est à un stade d’évolution où on en est à un ensauvagement. La violence est devenue pratiquement banalisée et nous, on doit regarder ailleurs. On a regardé ailleurs sur l’immigration en masse, on a regardé ailleurs sur l’islam politique, on a regardé ailleurs sur l’identité de la France, sur l’idée de la nation qu’on a laissé au Front National explique André Gerin. Et puis, peut-être la question la plus fondamentale : l'économie. Franchement, on est quarante ans en arrière. La bataille de l’industrie, c’est la lettre de noblesse des communistes".

 

Industrie : "On se couche devant une élite qui triche"

"Il y a eu une sorte de pétainisme industriel auquel les communistes, d’une manière ou d’une autre, ont plus ou moins participé à cette réalité juge-t-il. Pour moi, aujourd’hui, ce sont ces questions vitales qui sont à l’ordre du jour. Il faut regarder nos pensées et toutes nos façons de faire parce que finalement, depuis 70, nous nous sommes désarmés."

"Le pétainisme industriel c’est comme en 1940. Grosso modo, on se couche devant les Allemands, on se couche devant l’élite qui triche, voire, ils nous roulent dans la farine, l’élite politique et économique, depuis Giscard. Je date ça après Pompidou. Délocalisations, dictature du moindre coût, tout est bon pour casser et dévitaliser la France. Pour être plus fort encore, pour moi c’est une trahison" juge André Gerin.

 

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.