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"L’Azerbaïdjan emploie la force militaire pour chasser ces populations" du territoire de l'Arménie

"On ne parle pas beaucoup de ce qui se passe au Karabakh en Arménie", selon Corentin Clerc. Chef de mission humanitaire en Arménie pour SOS Chrétiens d'Orient, il était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio le mercredi 14 décembre 2022 dans "Bercoff dans tous ses états".

André Bercoff dans tous ses états Arménie
Corentin Clerc invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Corentin Clerc, chef de mission humanitaire en Arménie pour SOS Chrétiens d'Orient était l’invité d’André Bercoff sur Sud Radio le mercredi 14 décembre 2022 dans "Bercoff dans tous ses états". André Bercoff présente le fait du jour en évoquant le tweet de François-Xavier Bellamy, chef de groupe LR au parlement européen : "aucun prétexte ne cachera les faits. Cette nuit, l’Azerbaïdjan maintient toujours 120.000 civiles dans une crise humanitaire absolue, fermant la seule voie d’accès, au mépris des engagements, et coupant le gaz malgré le froid glacial. Terrorisme d’État !"

André Bercoff : "On ne parle pas beaucoup de ce qui se passe au Karabakh en Arménie"

"Cette route a déjà été coupée quelques heures la semaine dernière par l’Azerbaïdjan, contextualise Corentin Clerc. C’est la première fois que ce corridor est coupé aussi longuement. Il faut bien comprendre que ce corridor est l’unique voie d’accès qui permet de relier la république autonome du Haut-Karabakh à l’Arménie. Cette république est peuplée de 120.000 civils arméniens. Cette enclave arménienne dépend complétement de cette route puisque c’est par cette route que proviennent tous les approvisionnements de matières premières. Il y a une agriculture vivrière dans cette région mais qui ne suffit pas pour pourvoir à tous les besoins de la population. Il y a aussi un scandale humanitaire puisque l’Azerbaïdjan a par la même occasion coupé les approvisionnements en gaz. L’Azerbaïdjan a fait main basse sur les différents pipes qui passaient par là. Ils y ont installé une vanne et on se rend compte aujourd’hui de quelle était la raison de l’installation de cette vanne".

"Les applications de cette vanne, interroge André Bercoff, ça peut provoquer une sorte d’asphyxie ?". "C’est le but recherché, lui confirme Corentin Clerc. Cette coupure de route, elle a deux raisons principales. La première c’est de faire pression sur l’Arménie. L’Azerbaïdjan a exigé de pouvoir envoyer une mission de contrôle environnemental dans les mines qui sont actuellement dans le territoire du Haut-Karabakh. Ce territoire est protégé par l’armée russe. L’Azerbaïdjan a prétendu pouvoir envoyer des missions dans les mines arméniennes, chose qui a été refusé par les arméniens. Pour faire pression, ils ont coupé cette route. Le second objectif c’est de faire un blocus au sens le plus médiéval du terme pour complètement pour isoler ces populations arméniennes les couper de l’Arménie dont elle dépend, et ainsi rappeler combien leur situation est précaire. Sur les 120.000 habitants il y a à peu près 30.000 enfants et les températures sont extrêmement froides. Ça peut descendre jusqu’à moins 20 voire moins 30 l’hiver ce qui n’est pas encore le cas en décembre".

"Pour l’Azerbaïdjan le Haut-Karabakh est une partie du territoire de l’Azerbaïdjan, ils entendent bien le récupérer"

"Le but de l’Azerbaïdjan, c’est de transférer les populations du Haut-Karabakh vers l’Arménie et de reprendre le territoire. Pour l’Azerbaïdjan, le Haut-Karabakh est une partie du territoire de l’Azerbaïdjan, ils entendent bien le récupérer. La question c’est sur les modalités de cette récupération, et de plus en plus l’Azerbaïdjan emploie la force militaire pour chasser ces populations. Il y a eu des tentatives d’intimidation pour faire partir les gens spontanément. Je pense notamment à des messages radio qui sont diffusés sur des hauts parleurs qui sont montés sur des camions, à proximité des villages frontaliers. La coupure de cette route fait clairement partie de ce plan-là. On comprend bien par là qu’il y a une volonté de voir les populations arméniennes disparaitre, à minima de la région du Haut-Karabakh, voire plus".

"Quels sont les recours?", se questionne André Bercoff. "Qu’est qu’ils peuvent faire ? Le rapport de force penche de quel côté ?" "Le rapport de force est défavorable à l’Arménie", explique Corentin Clerc. La démographie joue son rôle. Les alliances des pays assurent la sécurité de l’Arménie, notamment l’armée Russe. Les Arméniens ont besoin d’autres soutiens. "Les communautés occidentales sont malheureusement bien silencieuses. Elles ont besoin du gaz vendu par l’Azerbaïdjan. Aucun pays n’a pris de mesure concrète pour aider l’Arménie et pourtant, c’est ce dont auraient besoin les populations arméniennes du Haut-Karabakh". "C’est important de savoir qu’il y a des populations qui méritent de rester chez elles", conclut André Bercoff.

Cliquez ici pour écouter l’invité d’André Bercoff dans son intégralité en podcast.

Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 13h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.


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