Certains territoires "montrent qu'ils peuvent se passer de Paris"

Valérie Alasluquetas et Rémy Dessarts, auteurs de « Les audacieux : chroniques d’un territoire qui refuse le déclin » aux éditions Calmann-Lévy étaient les invités de “Bercoff dans tous ses états".

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Valérie Alasluquetas et Rémy Dessarts, invités d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

"D’abord on a fait des rencontres extraordinaires. Des personnes qui sont devenues des personnages dans notre livre, mais des personnes qui nous ont montré différentes facettes des combats en territoire", explique Valérie Alasluquetas. "On peut comparer cela à une guérilla, menée par des députés, par des maires, mais aussi par des chefs d’entreprises, des citoyens. Pour sauver une entreprise menacée par la mondialisation, pour lutter contre la fermeture d’un hôpital, par exemple à Sedan, etc.", explique-t-elle.

"Il y a différentes sortes de combats. Des gens qui se disent qu’ils ne vont pas attendre sans rien faire et qui ont les Ardennes vraiment au cœur. Il y a une identité ardennaise très forte", juge l’auteure de Les audacieux : chroniques d’un territoire qui refuse le déclin. "Il y a une fierté très forte que l’on retrouve forcément dans d’autres territoires mais nous, nous étions dans les Ardennes".

 

"L’État peut faire quelque chose pour nous mais si on attend, il ne se passera plus rien"

"Il y a eu plusieurs strates de combats. Mais il est vrai qu’au départ, même les chefs d’entreprises, car ce sont eux qui poussent le cri : ‘Il y en a marre parce que nous on nous demande de faire du juste à temps et que nos entreprises, pour livrer l’industrie automobile, il faut que nos camions arrivent à la minute près dans les usines un peu partout en France. On fabrique les pièces ici. L’autoroute n’est pas là, l’engorgement du trafic est impossible. On est battu à cause de ça’", raconte Rémy Dessarts au micro de Sud Radio. "C’est vrai que dans ce département on a décidé à un moment donné de dire : ‘L’État peut faire quelque chose pour nous mais si on attend, il ne se passera plus rien’", juge-t-il.

"En gros, c’est aussi un territoire où se prendre en main est aussi une alternative au lieu de se tourner en permanence vers Paris pour obtenir des choses. Bien sûr que de temps en temps Paris donne un coup de main. Cela reste quand même le cas. Mais néanmoins quand on parle de la création du campus de Charleville-Mézières, Paris n’est pas en cause", explique Rémy Dessarts. "Tout se passe dans la région Grand-Est, tout se passe localement, et ils vont monter, pièces après pièces, des budgets pour arriver à leurs fins et pour créer un campus universitaire qui existe. Il est très sympa. Les étudiants sont très heureux. Ils l’ont inauguré il y a deux ans et je pense qu’ils montrent que se passer de Paris, c’est possible. Alors évidemment pas pour tout".

 

"À partir du moment où l’on commence à travailler sur des territoires, les étiquettes politiques s’effacent"

"Ce que l’on montre dans le livre c’est qu’à partir du moment où l’on commence à travailler sur un territoire, les étiquettes politiques s’effacent", explique Valérie Alasluquetas. "On n’est plus dans le temps de l’élection, on est dans le temps de l’action. Nous voyons des élus qui décident de travailler ensemble et c’est notamment le cas des deux maires de Charleville-Mézières et de Sedan, qui étaient bien conscients qu'à un moment il faut faire quelque chose pour le territoire".

"Ils avaient l’opportunité de le faire au travers de Ardennes Métropole, qui est un communauté d’agglomérations qui couvre une très grande partie du territoire ardennais. Ce qui donne aussi sens à leur action, c’est que ça fait levier", explique-t-elle. "L’agglomération s’est saisie du dossier, dont le campus et plein d’autres dossiers. À la fois des dossiers qui sont des compétences légitimes de l’agglomération comme le traitement des déchets, etc. Mais aussi d’autres projets qu’ils ont pris à bras le corps qui sont vraiment une création, une initiative".

 

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