Ancien soldat devenu paraplégique, Adrien Bocquet remarche grâce à la science

Quand la science fait des miracles. Ce n’est pas Jésus, mais presque. Paraplégique après un exercice de combat, un ancien fusilier commando, opéré grâce à des neurostimulateurs médullaires, remarche désormais. Pour en parler, Adrien Bocquet était l’invité de “Bercoff dans tous ses états". Il revient de trois semaines passées en Ukraine et il est l’auteur de "Lève-toi et marche grâce à la science" (éd. Max Milo).

Adrien Bocquet
Adrien Bocquet, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Rien ni personne ne le prédestinait à remarcher. Et pourtant aujourd’hui, il est sur ses deux jambes. Adrien Bocquet est le produit d’un miracle. Un miracle de la science. Ancien fusilier commando, il a dû quitter l’armée suite à un exercice militaire qui l’a laissé paraplégique. Opéré en juillet 2021, il peut désormais marcher, comme n’importe qui. Une véritable prouesse scientifique sur laquelle il revient dans son livre Lève-toi et marche grâce à la science (éd. Max Milo).

Adrien Bocquet, un ancien militaire qui mène sa guerre

Adrien Bocquet s’était engagé dans l’armée pour y faire carrière. Durant un entraînement, c’est la chute. Tout le dos y passe. Il devient alors paraplégique. C’est la fin d’une trop courte carrière dans une troupe d’élite. C’est également le début d’un cauchemar. Il ne remarchera jamais. Le passage d’une vie d’action à l’inaction la plus totale, dans un fauteuil roulant. Les nombreux passages à l’hôpital. Le traumatisme physique et psychologique.

Son livre, c’est pourtant le récit d’un combat, d’une victoire. Adrien Bocquet n’est plus militaire mais il a mené sa guerre. "Je survis aujourd’hui. Il y a une maladie neurodégénérative qui s’est déclarée après l’accident. Ce qu’il faut retenir, c’est vivre au jour le jour, vivre le présent. Je suis un exemple type de tous les malheurs qui peuvent s’enchaîner dans une vie. Quand vous avez eu autant de malheurs que moi en si peu de temps, à 21 ans, quand vous restez paraplégique pendant deux ans, vous pensez à la mort, au suicide, plusieurs fois", explique-t-il au micro d’André Bercoff.

Ce qui a maintenu Adrien Bocquet en vie

Adrien Bocquet affirme que s’il est encore là aujourd’hui, c’est avant tout grâce à des rencontres, aux bons moments. Et grâce à sa fille. "La meilleure leçon, c’est Léna qui me l’a donnée. Sans elle, je n’aurai pas pu tenir. Après mon deuxième arrêt cardiaque, dans l’avion, ils ont voulu me rendormir en m’annonçant qu’ils me rendormiraient dans une heure, et que je ne me réveillerai sans doute pas. J’ai passé les 45 dernières minutes au téléphone avec ma fille. C’est compliqué d’expliquer à une petite fille de cinq ans que son père ne va pas revenir", ajoute-t-il sur Sud Radio, très ému.

S’il est encore là pour en parler, c’est aussi grâce à la rencontre avec un chirurgien spécialisé en neurostimulation médullaire. "J’ai pu bénéficier de cette implantation pour une diminution de mes douleurs à la base. Mais les effets ont été plus importants. Au bout de quelques semaines, je sentais mon épiderme, puis, je réussissais à bouger quelques muscles. S’en sont suivis onze mois de rééducation intensive. J’ai réappris à marcher pendant pratiquement un an", lance-t-il également.

Le miracle des neurostimulateurs médullaires

Mais au bout d’un moment, la situation se détériore de nouveau. Les étages de sa colonne vertébrale se détériorent. Adrien Bocquet était prévenu. "J’ai alors subi une double opération cervico-thoracique. On vous ouvre la moitié de la gorge et on vient attraper la colonne vertébrale pour remplacer plusieurs choses. Au bout d’un mois et demi, toutes les douleurs reviennent et je perds l’usage de mon bras droit. Au retour d’un séjour en Guadeloupe, je fais un deuxième arrêt cardiaque dans l’avion. Je termine en réanimation. Je me réveille au bout de dix jours. J’en sors avec une maladie neurodégénérative. J’ai un traitement et je n’y pense pas aujourd’hui", précise l’ancien soldat.

Adrien Bocquet recevra par la suite une nouvelle implantation de neurostimulateurs médullaires, un au niveau cervical et un au niveau thoracique. Une technologie qui a changé sa vie. Aujourd’hui, Adrien Bocquet se bat pour que ce type de soins, pris entièrement en charge par la Sécurité sociale, soit davantage connu et accessible. Il a fondé une association. Bref, pour l’ancien soldat, le combat continue.

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.