Une enquête d’« Agir pour l’Environnement » affirme que l’usure des pneumatiques libère des particules dangereuses. Invité d' On parle auto, Dominique Stempfel, président du Syndicat du pneu, détaille au micro de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau une méthodologie éloignée de la réalité et appelle à replacer le sujet dans son contexte.
Une étude contestée, “à charge”
Dominique Stempfel rappelle que le sujet n’a rien de nouveau : « Les scientifiques travaillent dessus depuis les années 80, et les manufacturiers aussi. » Selon lui, l’association publie une enquête « clairement à charge ».
Il confirme que l’étude soulève des questions, mais qu’elle manque d’équilibre : « Ils ont tout simplement oublié de consulter les manufacturiers. » Il souligne aussi que l’analyse porte sur « six manufacturiers les plus engagés dans l’écoresponsabilité », alors qu’ils « représentent moins de 50 % du marché ». Les pneus asiatiques, explique-t-il, ne sont pas pris en compte, ce qui rend l’ensemble « un peu étrange ».
Une étude réalisée par « Agir pour l’environnement » alerte sur les particules issues des pneumatiques
— Sud Radio (@SudRadio) November 29, 2025
"L’enquête est à charge : ils ont tout simplement oublié de consulter les manufacturiers. Ça aurait permis de donner un éclairage tout à fait différent"
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Des tests menés à 650°C : une méthode irréaliste
L’inquiétude repose sur le protocole utilisé par l’association : les particules de pneus ont été chauffées à 600–650°C. Dominique stempfel déclare que cela n'arrive jamais. En conditions réelles, un pneu atteint « 90 degrés en été », et « 140 degrés en Formule 1 ». Stempfel résume la situation avec une comparaison : « C’est comme si on vous disait : une pizza est cancérigène parce que je la fais brûler à 900 degrés. » Il insiste : l’étude n’est pas “fausse”, mais « biaisée ». Il ajoute que "c'est un sujet sur lequel il faut être attentif".
Un phénomène réel, mais loin du scénario alarmiste
Le président du Syndicat du pneu reconnaît l’impact réel de l’usure : entre le montage et la fin de vie, une voiture perd « 2 à 2,5 kilos » de gomme et un ensemble poids lourd « environ 200 kilos ». Sur l’ensemble du réseau routier, cela représente « aux environs de 80 000 tonnes » de particules émises chaque année en France.
Jean-Luc Moreau lui, rappelle que leur toxicité a déjà été analysée, notamment par Michelin. Selon ces travaux, les particules issues des pneus sont « moins dangereuses que les particules de frein ». La future norme Euro 7 prévoit d’ailleurs un étiquetage des pneumatiques en fonction de leur niveau d’émission, même si la méthode de mesure reste encore à définir. Il souligne également que des études plus poussées existent déjà, comme celle du Touring Club suisse. Elles montrent que « les pneus Michelin émettent moins de particules parce qu’ils s’usent moins vite ». À l’inverse, précise-t-il, « les pneus chinois, c’est catastrophique » en termes d’émissions.