Un mois après la découverte de drones piégés prêts à exploser à proximité d’avions cargos ukrainiens et d'un appareil DHL sur le tarmac de l’aéroport de Leipzig en Allemagne, l’enquête franchit un cap décisif. Les autorités ont identifié deux suspects grâce à leur ADN : deux hommes détenteurs de passeports russes, soupçonnés d'avoir agi pour les services secrets de Moscou.
Face à ce que l'Union européenne et l'OTAN qualifient désormais de "terrorisme d'État", la réplique diplomatique s'organise difficillement. Mais pourquoi une réponse si hésitante de l’Europe face à la Russie ?
"Tout cela nous rapproche de la Russie"
"Un faisceau d’indices fait croire à une piste russe, résume Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, au micro de Jacques Cardoze, sur l’antenne de Sud Radio. De là à ensuite en tirer des conclusions, il faut rester extrêmement prudent. Quant aux profils dont on parle, il s’agit d’individus ayant un passeport russe. Des personnes dont l’ADN est de toute évidence déjà dans les fichiers. Tout cela nous rapproche de la Russie."
"Est-ce que l'on peut réagir et quoi faire ?"
La police allemande a identifié ces deux personnes grâce à l’ADN relevé sur le matériel ayant servi à acheminer l’engin explosif. L’Europe n’est-elle pas tétanisée dans sa réponse ? "Ce n’est pas une surprise. La question est « est-ce que l’on peut réagir, et quoi faire ? ». On peut faire des ronds de jambe diplomatiques, décider de fermer un consulat. Mais on voit bien qu’à chaque fois, les Européens sont dans les mêmes difficultés."
🇷🇺 L'Europe est-elle hésitante face à la Russie ? #GrandMatin
💬 "Nos ennemis peuvent jouer sur la corde de la désunion européenne" : les explications diplomatiques de @SBoussois, docteur en sciences politiques
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— Sud Radio (@SudRadio) September 4, 2026
"Désunion européenne et maillon faible allemand"
"Nos ennemis savent très bien qu’ils peuvent jouer sur la corde sensible de la désunion européenne, sur le maillon faible de l’Allemagne, estime Sébastien Boussois, docteur en sciences politiques, sur l’antenne de Sud Radio. Dans les systèmes de guerre hybrides, on a beau avoir des traités, des organisations de solidarité. En fait, on sait très bien que ce sera très difficile à mettre en pratique. Je fais référence à l’article 5 de la charte de l’OTAN."
"Prêts à se mettre en branle ?"
"On se pose vraiment la question : si un des pays membres est touché, est-ce qu’un certain nombre de partenaires seront prêts à se mettre en branle. Cela ne veut pas forcément dire entrer en guerre. Et pour quoi faire ? Ne nous voilons pas la face, nous sommes déjà dans une forme de co-belligérance."
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