Chaque été, le même constat revient : les salles de classe, souvent construites il y a plusieurs décennies, supportent mal les épisodes caniculaires. Bâtiments mal isolés, cours de récréation entièrement bitumées, absence de végétation... de nombreux établissements scolaires n'ont pas été pensés pour un climat qui se réchauffe. À Trévérien, petite commune de moins de 1000 habitants d'Ille-et-Vilaine, la municipalité avait justement identifié ce problème bien avant que la question ne s'impose dans le débat public.
Le maire, Vincent Melcion, revient, sur Sud Radio, sur l'objectif initial : « végétaliser la cour de l’école ». Mais l'urgence climatique a rapidement élargi les ambitions du projet. Il explique, qu’avec la situation climatique, il devient aujourd'hui « essentiel de supprimer le goudron, de planter davantage d'arbres et de créer des espaces plus agréables pour les enfants ».
L'intervention décisive de François Pinault
À ces enjeux climatiques s'ajoutait un autre problème : une partie des enfants étudiait encore dans un ancien Algeco, décrit par le maire comme « un bâtiment très mal isolé et devenu totalement inadapté ». Il fallait donc, en parallèle du verdissement, construire « une véritable extension du groupe scolaire pour le remplacer ». C'est là qu'intervient le mécène François Pinault, déjà connu pour son soutien à plusieurs projets bretons.
« Lorsque nous avons lancé les études, François Pinault a proposé de les financer » explique Vincent Melcion. « Ces études ont permis de recueillir les besoins des enseignants, des parents, des élus et de tous les acteurs concernés. Une fois ce travail réalisé, il a également proposé de financer l'ensemble des travaux, sans remettre en cause les choix qui avaient été faits. Nous avons ainsi pu intégrer tous les besoins au projet. Dans une commune comme la nôtre, c'est quelque chose qui aurait été impossible à financer seuls », » poursuit-il.
Un chantier XXL pour une petite commune
Concrètement, la rénovation prévoit « la construction d'un nouveau bâtiment périscolaire de 236 m² destiné à remplacer l'Algeco, complété d'une salle de motricité ». L'ancien préau, lui, sera transformé en « Fab Lab », un espace équipé de matériel permettant aux enfants de découvrir les nouvelles technologies comme l'impression 3D ou la gravure numérique. Un nouveau préau doit également voir le jour, tandis que l'ensemble de la cour sera métamorphosé en « cour Oasis », un aménagement pensé pour limiter les effets de la chaleur grâce à davantage de végétation et d'espaces ombragés.
Mais François Pinault ne s'arrête pas à ce seul chantier. Le maire rappelle qu'il « apporte régulièrement un soutien matériel à la commune, participe au financement de voyages scolaires et accompagne différents projets éducatifs », en plus d'avoir contribué à la rénovation de l'église du village. Il tient néanmoins à préciser qu'il « n'intervient jamais directement dans le budget municipal », préférant soutenir des projets ciblés comme l'école ou le patrimoine local.
Un village qui pense déjà l'après
Ce chantier scolaire n'est qu'une étape dans la transformation du village. La municipalité travaille déjà sur l'aménagement du centre-bourg ainsi que sur une extension urbaine qui « prendra également en compte les enjeux climatiques », avec l'ambition de « rendre le village plus agréable à vivre face aux épisodes de fortes chaleurs ».
Pour Vincent Melcion, le soutien de François Pinault change véritablement la donne. « Sans cette aide, nous aurions dû consacrer une grande partie de nos moyens à l’école » explique-t-il. Aujourd'hui, nous disposons d'un pôle enfance exemplaire sur le plan environnemental et cela nous permet de concentrer nos investissements sur les autres aménagements du village ».