single.php

Une commission estime que le militant palestinien Ramy Shaath ne doit pas être expulsé de France

Ramy Shaath ne devrait pas être expulsé du territoire français, a estimé une commission à Nanterre jeudi, dont l'avis reste cependant consultatif. Un soulagement pour le militant politique palestinien, menacé d'expulsion car il représente selon les autorités une "menace grave pour l'ordre public".

SIMON WOHLFAHRT - AFP

Ramy Shaath ne devrait pas être expulsé du territoire français, a estimé une commission à Nanterre jeudi, dont l'avis reste cependant consultatif. Un soulagement pour le militant politique palestinien, menacé d'expulsion car il représente selon les autorités une "menace grave pour l'ordre public".

La préfecture peut désormais décider ou non d'expulser le fils de l'ex-ministre et négociateur palestinien Nabil Shaath, qui réside en France depuis 2022, est marié et père d'une fille qu'il a eue avec son épouse française, Céline Lebrun.

Keffieh autour du cou - qu'il a dû retirer pour l'audience à la demande des policiers -, le militant de 55 ans est sorti de la petite salle du tribunal judiciaire où se tenait l'audience l'air soulagé, sous les vivats des nombreuses personnes venues le soutenir, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Je suis heureux aujourd'hui, nous avons eu une décision symbolique de la commission", qui a estimé qu'il n'avait "jamais été un danger", s'est félicité M. Shaath devant la presse et ses soutiens à la sortie du tribunal judiciaire de Nanterre.

Figure de la révolution de 2011 en Egypte, le militant y avait été détenu 900 jours, entre 2019 et 2022, accusé d'avoir fomenté des "troubles contre l'Etat", avant d'être libéré et remis à la France, notamment après que le président Emmanuel Macron a plaidé son cas auprès des autorités égyptiennes.

Pendant un peu moins d'une heure et demie d'audience, devant une salle comble, les griefs de la préfecture des Hauts-de-Seine se sont opposés aux arguments de ses avocats.

Manifestation de soutien au militant palestinien Ramy Shaath le 21 mai 2026 à Nanterre

Manifestation de soutien au militant palestinien Ramy Shaath le 21 mai 2026 à Nanterre

SIMON WOHLFAHRT - AFP

La représentante de la préfecture a reproché à Ramy Shaath ses liens avec plusieurs collectifs et associations militant pour les droits des Palestiniens en France, dont Urgence Palestine qu'il a cofondée, ainsi que ses propos lors de plusieurs manifestations publiques.

Par exemple, dit-elle, en novembre 2023, "M. Shaath a tenu des propos dans lesquels il dénonçait les +terroristes+ israéliens qui bombardent les maisons et les hôpitaux et veulent vider la bande de Gaza (et a dit que) le Hamas a fait acte de résistance bien qu'il soit reconnu comme un groupe terroriste".

- "Cause juste" -

Cette tentative d'expulsion est "une sanction de la liberté d'expression" de son client, a répliqué Me Damia Taharraoui, l'une de ses avocates.

Le militant palestinien Ramy Shaath , menacé d'expulsion, devant le tribunal de Nanterre, le 21 mai 2026 dans les Hauts-de-Seine

Le militant palestinien Ramy Shaath , menacé d'expulsion, devant le tribunal de Nanterre, le 21 mai 2026 dans les Hauts-de-Seine

SIMON WOHLFAHRT - AFP

La préfecture "instrumentalise votre commission et (...) essaye d'obtenir de cette procédure administrative ce qu'elle sait qu'elle ne peut obtenir sur le plan judiciaire", a pour sa part argué Me Nicolas de Sa-Pallix, son autre conseil.

Une enquête ouverte pour apologie à la suite des propos tenus lors d'une manifestation de novembre 2023 a en effet été classée sans suite en octobre 2024.

En amont de l'audience, une centaine de personnes se sont rassemblées à quelques pas du tribunal. Elus - dont le député LFI Thomas Portes - et militants se sont rapidement succédé au micro.

"À Nanterre, nous soutenons Ramy pour ce qu'il est, pour la cause juste qu'il défend", a déclaré le maire DVG Raphaël Adam, pour qui "cette tentative de museler les voies engagées en faveur de la Palestine par des voies administratives s'apparente à une dérive démocratique sans précédent".

Parmi la petite foule parsemée de drapeaux - palestiniens, mais aussi syndicaux et associatifs -, Sabine Levard juge "lunaire qu'on pense à expulser quelqu'un comme ça".

"Ça reflète toute la position de notre gouvernement qui est de renier toute l'histoire de la France qui a toujours soutenu la Palestine", déplore la retraitée de 67 ans.

Hayette Arabi, habitante de Nanterre depuis toujours, est venue "dire que la lutte continue", elle pour qui cette situation démontre qu'il "n'y a plus d'empathie envers le peuple palestinien".

Selon Me de Sa-Pallix, si une décision d'expulsion survient et puisqu'"on ne peut pas (le) renvoyer en Palestine", M. Shaath risque d'être "assigné à résidence". "Si jamais cela arrivait, nous irions au tribunal administratif", a-t-il annoncé.

Par Marin LEFEVRE / Nanterre (AFP) / © 2026 AFP

L'info en continu
19H
18H
17H
16H
Revenir
au direct

À Suivre
/