Le petit Poucet du tournoi de Rome mesure 185 cm et a le muscle saillant: sorti des qualifications, l'Italien Andrea Pellegrino, 155e mondial, va défier mardi en 8e de finale son compatriote Jannik Sinner, ogre du tennis mondial qui collectionne les titres et les records.
Jusqu'à la semaine dernière, Pellegrino n'avait jamais atteint le tableau principal d'un Masters 1000, les tournois les plus importants après ceux du Grand Chelem. Il vient d'enchaîner trois victoires retentissantes, avec un peu de réussite, à l'image de l'abandon sur blessure du Français Arthur Fils au 2e tour, et beaucoup de détermination et de sang-froid, comme a pu le constater Frances Tiafoe lundi.
L'Américain, 22e mondial et quart-de-finaliste à Roland-Garros en 2025, a capitulé 7-6 (10/8), 6-1 contre un adversaire, plus habitué au circuit Challenger, le deuxième niveau mondial.
Pellegrino, 29 ans, n'a pas vraiment d'explications à cette bonne série, si ce n'est qu'il essaye "de donner le maximum": "C'est la seule chose que je me suis imposé, même à l'entraînement, ce que j'avais un peu plus de mal à faire avant", a reconnu celui qui va faire un bond de 31 places au moins au classement ATP, au 125e rang mondial, le meilleur classement de sa carrière.
- "Raclée monumentale" -
L'Italien Jannik Sinner durant son match du 3e tour du Masters 1000 de Rome contre l'Australien Alexei Popyrin le 11 mai 2026 au Foro Italico
Tiziana FABI - AFP
A moins d'une incroyable surprise, son conte de fées devrait prendre fin mardi: son prochain adversaire n'est autre que le meilleur joueur de la planète et grand favori du tournoi, Sinner, qui a balayé l'Australien Alexei Popyrin (60e) 6-2, 6-0 pour signer sa 25e victoire de suite.
"Jouer sur le Campo Centrale devant 10.000 personnes contre le meilleur joueur du monde, qui a gagné les cinq derniers tournois qu'il a disputés, ce sera une émotion incroyable et j'espère pouvoir en profiter", a déclaré Pellegrino.
Les deux joueurs se sont déjà affrontés, en 2019 sur le circuit Futures, le troisième niveau mondial, en finale du tournoi de Santa Margherita di Pula, en Italie, un match remporté par Sinner, 17 ans, 6-1, 6-1.
"J'avais pris une raclée monumentale, a rappelé Pellegrino. Je me souviens de peu de choses, je me rappelle juste avoir perdu lourdement."
L'Italien Jannik Sinner lors de son match du 3e tour du Masters 1000 de Rome face à l'Australien Alexei Popyrin le 11 mai 2026
Alberto PIZZOLI - AFP
Toujours très diplomate, Sinner s'est lui réjoui de disputer "un derby d'Italie": "Andrea n'est plus le même joueur qu'en 2019, moi aussi, je m'attends à un match très, très difficile", a-t-il prévenu.
Vainqueur des cinq derniers Masters 1000 au calendrier (Paris 2025, Indian Wells, Miami, Madrid et Monte-Carlo cette année), le natif du Haut-Adige, cette région germanophone du nord-est de l'Italie, peut devenir le premier Italien à s'imposer au Foro Italico, côté masculin, depuis Adriano Panatta, en 1976.
- Sinner pour égaler Djokovic -
On voit mal Sinner, qui vient de remporter les cinq derniers Masters 1000 au calendrier et peut égaler la plus longue série de victoires en Masters 1000 de Novak Djokovic (31 en 2011) se faire surprendre.
Mais le Foro Italico est propice cette année aux belles histoires.
Entré dans le tableau principal avec le statut de lucky loser (il avait été battu au 2e tour des qualifications par Pellegrino), Martin Landaluce (94e) a rallié les 8e de finale en battant l'Italien Mattia Bellucci (80e) 6-4, 6-3. L'Espagnol de 20 ans tentera de décrocher sa place en quarts de finale face à un autre invité surprise, le Serbe Hamad Medjedovic (88e) qui, après la pépite brésilienne Joao Fonseca (29e) et ses bruyants supporters, a fait craquer l'Argentin Mariano Navone (44e) 4-6, 6-3, 6-4.
L'Argentin Thiago Agustin Tirante, 69e mondial, disputera son premier huitième de finale en Masters 1000 après avoir terrassé le chouchou du public romain et local de l'étape Flavio Cobolli (12e) 6-3, 6-4.
Dans le tournoi féminin, après les éliminations de la N.1 mondiale Aryna Sabalenka et de la tenante du titre Jasmine Paolini, la logique a été respectée en 8e de finale, même si la N.4 mondiale Coco Gauff, finaliste l'an dernier à Rome et sacrée trois semaines plus tard à Roland-Garros, a été malmenée par une autre Américaine, Iva Jovic (17e à 18 ans) qui s'est offert une balle de match avant de s'incliner 5-7, 7-5, 6-2.
Sacrée trois fois à Rome et quadruple lauréate de Roland-Garros mais en panne de résultats cette année, le N.3 mondiale Iga Swiatek semble quant à elle avoir retrouvé sa redoutable efficacité sur terre battue: elle a balayé la Japonaise Naomi Osaka (16e) 6-2, 6-1.
Par Jérôme RASETTI / Rome (AFP) / © 2026 AFP