Jacques Cardoze : Selon les sources, il y avait entre 160 000 et 480 000 personnes dans la rue hier au côté des lycéens et étudiants. Est-ce que vous les soutenez ou vous leur dites : « Bon, après ce 5e épisode, ça suffit, on retourne en classe » ?
Sébastien Chenu : « D'abord la mobilisation, elle est un peu en baisse mais en revanche les violences, elles ne sont pas en baisse puisque je note que 147 personnels enseignants ont été victimes d'agression, il faut appeler les choses comme elles sont, plus de 800 policiers également. Donc ce qui était à noter, c'est les revendications dont certaines, un nombre important, et on peut en parler, doivent interroger l'ensemble des pouvoirs publics.
Mais avant de s'occuper des revendications, il faut rétablir l'ordre. On ne peut pas laisser un mouvement lycéen se transformer en émeute par haine du système, par instrumentalisation politique. Donc moi, j'en appelle d'abord à la responsabilité du gouvernement qui n'a rien vu venir, qui n'a rien prévu, qui n'a rien anticipé et qui aujourd'hui est un peu comme une poule devant un couteau qui regarde ça comme un lapin dans les phares d'une voiture. »
✊ Acte V des #BlocusLycées hier 🗣️ @sebchenu : "Avant de s'occuper des revendications. Il faut rétablir l'ordre. Mais le Gouvernement n'a rien vu venir" #GrandMatin 📻 https://t.co/y4VcQ5a6lt https://t.co/Pl5J7lxYGM
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"L'angoisse de Parcoursup mérite d'être entendu"
Mais ça n'efface pas les revendications qui sont bien réelles.
« Bien sûr. C'est pour ça que j'ai commencé par vous dire qu'il y avait des revendications qu'il fallait entendre. »
Vous comprenez qu'il y a une souffrance de la jeunesse aujourd'hui ?
« Mais évidemment, puis une interrogation sur leur avenir. Quand vous pensez que 57 % des étudiants sont en échec en licence, bah évidemment ça pose une question sur l'avenir quand on envoie des centaines et des centaines et des milliers d'étudiants dans des filières qui n'ont pas de débouchés. L'angoisse de Parcoursup. Tout ça, ça mérite d'être entendu évidemment. »
"C'est l'orientation qu'il faut revoir"
L'angoisse de Parcoursup. Justement ici même à ce micro hier, Manuel Bompard disait qu’il faut arrêter Parcoursup tout de suite. Vous, qu'est-ce que vous dites ?
« Non, mais nous on est hostile à Parcoursup car il faut changer de paradigme en fait, c'est l'orientation qu'il faut revoir. Il faut éviter d'envoyer des milliers d'étudiants dans des filières bouchées en fac sur les bancs d'une fac pour ensuite s'écrouler d'ailleurs en licence et à la fin se retrouver sans boulot. Donc évidemment faut travailler sur les bacs pro, faut travailler sur l'apprentissage, faut travailler sur l'orientation et ensuite améliorer Parcoursup pour évidemment ceux qui veulent aller en université. »
🔴Comment rétablir l'ordre ? #BlocusLycées 🗣️ @sebchenu : "Il ne s'agit pas de taper sur des gamins. Là ce sont les policiers qui subissent. Mais il faut lever les blocus !" #GrandMatin 📻 https://t.co/y4VcQ5aEb1 https://t.co/Fgq4n40QM0
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Vous diriez qu'il y a beaucoup d'hypocrisie de la part du gouvernement, que les choses n'ont pas été suffisamment dites, ce discours de vérité que vous dites à l'instant, à savoir qu'il faut être plus honnête sur les débouchés aujourd'hui ?
« Oui, puis il y a une certaine désinvolture. D'abord il y a une mécanique intellectuelle qui fait que les ministres de l'Éducation nationale qui se succèdent n'ont pas pris au sérieux l'idée qu'il faille orienter au plus tôt les jeunes, revaloriser, on l'a dit, l'apprentissage, les bacs pro, c'est-à-dire ce qui donne du boulot très rapidement. »
"Il faut rétablir l'ordre. On ne discute pas sous la menace"
Dans le programme du Rassemblement national, il est question de modifier ces questions-là ou pas ?
« Oui, bien sûr, parce que nous on met un focus très fort sur l'apprentissage, sur les bacs pro, sur tout ce qui peut professionnaliser le plus tôt possible et faire entrer surtout le plus tôt possible les jeunes sur le marché du travail. »
Mais qu'est-ce que vous dites aujourd'hui pour que ce mouvement s'arrête ? Vous lui dites quoi ? Vous lui dites qu'il faut stopper Parcoursup tout de suite ?
« Non, on lui dit d'abord qu'il faut rétablir l'ordre. Pas de blocus de lycée. On ne discute pas sous la menace. »
"Vous pouvez rétablir l'ordre sans envoyer l'armée"
Mais comment vous faites pour rétablir l'ordre ? Vous avez une cinquantaine de gamins qui sont devant un lycée qui font un blocus. Vous ne pouvez pas envoyer l'armée.
« Non, mais il s'agit pas d'envoyer l'armée. Mais vous pouvez rétablir l'ordre sans envoyer l'armée. Il y a eu des situations dans notre pays qui montrent qu'on rétablit l'ordre sans envoyer l'armée. Il s'agit pas de taper sur des gamins. Moi, je crois pas du tout à ça. Je fais d'abord confiance dans la police.
Je vous disais en début de conversation qu'il y a eu 800 forces de l'ordre qui ont été abîmées, qui ont été victimes de faits de délinquance aussi. Donc c'est plutôt aujourd'hui les policiers qui subissent. Donc moi, je pense que d'abord c'est à l'État... J'ai pas la solution technique pour rétablir l'ordre. Je suis pas responsable, je suis pas préfet et je suis pas responsable du maintien de l'ordre. Mais l'objectif de ce gouvernement, ça doit être d'abord de lever les blocus. On ne discute pas sous la pression de blocus. »
"Toute la jeunesse n'est pas dans les bras de l'extrême gauche"
La France insoumise est très en pointe dans ce mouvement avec Greta Thunberg à leurs côtés. C'est ce que l'on a vu hier. Est-ce que c'est un coup dur pour le RN de voir la jeunesse dans les bras de l'extrême gauche majoritairement ?
« Non, mais d'abord toute la jeunesse n'est pas dans les bras de l'extrême gauche. Il y a plusieurs jeunesses dans notre pays. Moi je connais des jeunes formidables qui n'ont rien à voir avec La France insoumise. D'ailleurs, je pense même que c'est une minorité agissante. Bon, je sais pas ce que vient faire Greta Thunberg là-dedans. Elle parle pas français, on comprend rien à ce qu'elle vient nous raconter. »
🔴Greta Thunberg présente sur les #BlocusLycées à Saint-Denis 🗣️ @sebchenu : "Je ne sais pas ce qu'elle vient faire là... Avec son keffieh en plus, c'est grotesque ! Elle ferait mieux de rentrer chez elle !" #GrandMatin 📻 https://t.co/y4VcQ5aEb1 https://t.co/PKYI5hd2MX
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Ça vous a étonné de la voir dans ce mouvement ?
« Avec un keffieh, oui, tout ça est grotesque. »
"Mademoiselle Thunberg ferait mieux de rentrer chez elle"
Tout ça, c'est la convergence des luttes que la gauche essaie de mettre en avant.
« Bah oui, que la gauche essaie d'utiliser, d'instrumentaliser les mouvements à des fins politiciennes. Oui, ça probablement. Mais je pense que Mademoiselle Thunberg ferait mieux de rentrer chez elle, de s'occuper de ce dont elle doit s'occuper, elle est suédoise, c'est très bien. Et qu'elle laisse les étudiants français qui ont suffisamment de difficultés à essayer de les régler par eux-mêmes.
Mais La France insoumise en fait attise, met de l'huile sur le feu, elle cherche pas à apaiser les choses. La France insoumise cherche pas à trouver des solutions. En réalité, ils excitent les étudiants, les lycéens à travers leurs élus qui d'ailleurs ont des propos disant que la violence peut être légitime, disant que les violences sont policières, ont des propos qui sont des propos d'escalade. »
"Comment ne pas entendre la souffrance des Français ?"
Alors samedi sera la prochaine étape de ces mobilisations. Est-ce que vous soutenez cette journée du 17 octobre contre la vie chère ? Cette fois-ci, on devrait voir les Gilets jaunes.
« Non, mais moi, j'entends, je comprends toutes les revendications des Français qui sont en souffrance parce que ce gouvernement les a mis dans cette situation-là. Je me rappelle que les Gilets jaunes étaient sortis sur les ronds-points pour que l'essence ne dépasse pas 1,50 €. On est à 2,40 € en réalité aujourd'hui du litre. Donc comment ne pas entendre la souffrance des Français ?
Vous les appelez à manifester ?
Je soutiens les Français mais nous n’avons jamais fait ça parce que nous on n'est pas une centrale syndicale. On peut soutenir des mots d'ordre, on peut soutenir des revendications, on peut les comprendre mais on n'est pas là pour organiser des manifestations. Moi je cherche pas à faire en sorte que mon pays aille moins bien. J'essaie de trouver des solutions pour que le pays aille mieux. »
"Le rôle d'un parti politique, c'est de trouver des solutions"
Là, vous diriez d'ailleurs que les partis politiques n'ont pas à appeler pour des manifestations ?
« Mais oui, moi je pense que le rôle d'un parti politique c'est pas de manifester, c'est de trouver des solutions. Les Français nous élisent d'abord sur un programme, sur des idées et pour trouver des solutions pour gérer les affaires de la cité, pas pour être dehors à taper sur des casseroles. »
La crainte, c'est de voir ce mouvement s'enliser, que personne n'aperçoive finalement le bout du tunnel. Qu'est-ce que vous diriez au gouvernement, quelle serait la solution exactement ? Par exemple, décréter l'état d'urgence ?
« Non, mais la crainte c'est pas que le mouvement s'enlise. La crainte, c'est que la France bascule ou dans une crise sécuritaire avec un mouvement incontrôlable qui soit confronté aux forces de l'ordre et qui mette le feu au pays. Ça c'est la première des choses. Mais la deuxième chose, c'est qu'on envoie des signaux terribles, vu l'état financier du pays, aux marchés, et que les investisseurs étrangers se disent : 'On ne peut plus travailler avec la France, on ne peut plus prêter à la France.'
Je vous rappelle que 70 % de notre dette est détenue par des étrangers et qu'ils se disent : 'On ne peut plus leur prêter à des taux pareils parce que c'est un pays instable.' Cette instabilité peut coûter très cher aux Français aussi économiquement. »
"Tenez bon, dans 6 mois vous avez la possibilité de changer le cours des choses"
Mais imaginons que cette mobilisation dure, perdure dans le temps, au-delà des vacances scolaires. Certains disent qu'on pourrait aller jusqu'à la présidentielle. Il va bien falloir qu'on sorte de cette crise. Qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
« Bien sûr, mais ce qu'il faudrait faire, d'abord j'ai envie de dire aux Français : 'Tenez bon, dans 6 mois vous avez la possibilité de changer le cours des choses.' »
Est-ce qu'il faudrait par exemple qu'Emmanuel Macron démissionne pour provoquer une présidentielle plus rapidement ?
« Non, mais je crois qu'aujourd'hui les institutions prévoient un rendez-vous présidentiel qui est connu de tous. C'est ce rendez-vous qui sera déterminant. Et moi, je dis à ceux qui veulent le changement véritable : prenez rendez-vous au mois d'avril prochain pour ce changement et faire nos adieux à Emmanuel Macron à ce moment-là. »
"On sera jamais conciliants avec ce gouvernement"
Abordons les discussions autour du budget. Le RN a décidé de ne pas voter la motion de rejet sur le PLF déposée par le PS. Ça signifie que le RN essaie d'avoir une démarche responsable.
« Bah ça signifie surtout qu'effectivement nous souhaitons que d'abord il y ait un débat sur le budget. Pourquoi on aurait fait un cadeau au gouvernement en votant une motion qui était une motion de rejet ? C'est-à-dire qu'on aurait pas débattu du budget. C'est grotesque.
Nous, on veut mettre les macronistes face à leurs contradictions, on veut les mettre face à nos propositions, et on ne défendra d'ailleurs que nos amendements dans ce budget. On n'est pas là pour remplacer le gouvernement face aux dingueries de La France insoumise. »
🔴 @sebchenu sur le Projet de loi de financement : "On veut mettre les macronistes face à leurs contradictions ! Nous voterons contre ce budget, c'est une évidence !" #Budget2027 📻 https://t.co/y4VcQ5aEb1 https://t.co/QL9DdvRD5c
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Mais vous pourriez être conciliants avec le gouvernement ?
« Non, on sera jamais conciliants avec un gouvernement qui a mis la France dans cette situation catastrophique, qui prévoit un budget dans lequel il y a encore une hausse des impôts de 17 milliards, encore une hausse de la dépense publique. Non, on ne va pas être conciliants.
On ne votera pas ce budget-là. Il faut qu'ils se le disent tout de suite. On ne vote pas le budget Lecornu qui vient faire les poches des retraités, vient faire les poches des Français modestes parce que je vous rappelle que vouloir passer un coup de rabot sur des retraites à partir de 1 200 €, c'est quand même passer un coup de rabot sur des Français modestes qui ne comptent pas sur nous pour ça. »
"On ne votera jamais pour ce budget"
Même imparfait, est-ce qu'à minima vous pourriez vous abstenir ?
« Ah non, non, on ne votera jamais pour ce budget. On ne s'abstiendra pas. On votera contre ce budget. C'est une évidence. »
« Il a été révélé hier qu'un tiers du budget de l'Éducation nationale et de l'Intérieur était alloué aux retraites. Est-ce que ça veut dire que le gouvernement a dissimulé les vrais chiffres et qu'on les découvre aujourd'hui ? »
« Bah je sais pas si le gouvernement a dissimulé de vrais chiffres puisque globalement on sait à peu près où on en est. C'est-à-dire que la France est dans une situation extrêmement difficile. 3 500 milliards de dettes, celle-ci a exploded, et surtout on est dans un effet boule de neige. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, à force d'avoir une dette importante, on paie des intérêts de la dette qui sont de plus en plus chers, on emprunte pour payer ces intérêts de la dette.
À la fin du film, on ne pourra plus emprunter à des niveaux acceptables. Et donc il y a urgence à donner de la stabilité au pays avec un budget qui soit flexible dans 6 mois, un budget qui finalement puisse être changé dans 6 mois par la nouvelle équipe dont nous espérons que ce sera la nôtre. »
"Le président de la République est le gardien de la Constitution"
Sur votre proposition sur la préférence nationale qui nécessite de réformer la Constitution, Richard Ferrand a eu des mots durs ces dernières heures. Je cite : 'Vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas. C'est l'article 89. Sauf que par cette voie, vous n'auriez pas la majorité au Sénat.' Bref, il vous dit que ça n'est pas possible et que ce n'est pas tenable.
« Moi, je suis très inquiet sur le rôle que s'approprie Richard Ferrand. Richard Ferrand, il a un devoir de réserve. Il émet un avis qui me semble être un avis d'homme politique et pas de président du Conseil constitutionnel, qui est en plus faux sur le fond puisque évidemment l'article 11, il a été utilisé deux fois par le général de Gaulle.
C'est le président de la République qui est le gardien de la Constitution, ça c'est l'article 5. C'est pas Richard Ferrand qui donne un avis, qui n'est même pas juriste d'ailleurs, qui est un des neuf sages du Conseil constitutionnel, et qui n'a pas je crois à se mêler de politique intérieure. Il n'est pas législateur non plus. Donc moi, j'invite Richard Ferrand à revenir dans son devoir de réserve et à laisser le président de la République actuel et futur être le garant de la Constitution. »
🗣️ @sebchenu : "Je suis très inquiet du rôle que s'approprie Richard Ferrand (@Conseil_constit). Seul le Président est le gardien de la Constitution ! Qu'il revienne à son devoir de réserve" #GrandMatin 📻 https://t.co/y4VcQ5aEb1 https://t.co/mNPngrhH47
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Sauf qu'il y a une question concrète : si vous devez vous opposer au Conseil constitutionnel, les sages annuleraient la convocation d'un tel référendum a priori ?
« Non, car c'est le président de la République qui de toute façon a le dernier mot en l'occurrence. Le Conseil constitutionnel ne peut pas se substituer au président de la République. Son analyse n'est qu'une analyse. »
Loi intégrale : "Nous avons considéré que c'était acceptable"
Il n'y aura pas de coup de force institutionnel de la part du RN ?
« Non, puisque le président de la République appliquera l'ensemble de ses prérogatives, à savoir être le gardien de la Constitution. Ça, c'est le rôle du président de la République. »
L'actualité, c'est aussi cette loi intégrale qui a été votée hier. On pensait que le RN pourrait voter contre cette loi. Finalement, non. Vous vous félicitez de ce vote ?
« Oui. Alors, c'est une loi qui ne va pas si loin que ça parce qu'il n'y a pas de réforme structurelle. C'est plutôt une loi qui réprime davantage et en cela, elle est la bienvenue parce qu'effectivement il y a un certain nombre de problématiques de violences sexuelles et sexistes dans notre pays qui sont importantes.
Mais on a évacué les irritants, notamment un point concernant l'immigration qui ouvrait une vraie filière d'immigration qui a été écartée. Nous l'avons voté, nous nous sommes opposés à la gauche et à l'extrême gauche qui voulaient profiter de ce texte pour encore ouvrir une filière d'immigration. À partir du moment où ça a été sorti du texte, nous avons considéré que c'était évidemment acceptable. »
"Je ne crois pas que le RN attire des dingues"
Après les révélations concernant des messages antisémites supposément attribués à Jordan Bardella, l'un des assistants parlementaires de Franck Allisio a été écarté pour avoir tenu des propos du même genre. Jean-Philippe Tanguy a lui-même reconnu avoir écarté des brebis galeuses. Pourquoi le RN attire-t-il autant de dingues ?
« Non, mais je ne crois pas que le RN attire des dingues, si vous voulez. Moi, je me souviens des députés élus par la Macronie, je pense à Eva Son-Forget ou Martine Wonner, on était largement en droit de se poser la question de savoir ce qu'ils faisaient à l'Assemblée nationale, vu leur discours complotiste ou éminemment dingue. Que la politique au sens général attire des gens qui ont besoin de lumière pour mettre en scène leurs élucubrations, c'est probablement possible.
Mais nous, on a une ligne au Rassemblement national : quiconque s'autorise à des élucubrations ou à des propos qui sont condamnés et condamnables n'a pas à porter nos couleurs aux élections. Nous sommes très durs sur la sanction, ce que ne sont pas les autres. Parce que si je regarde sur les bancs des autres partis politiques, les dingues qui sont dans leurs rangs, ils les ont gardés. »
Brebis galeuses : "Lorsque nous les démasquons, nous les sortons"
Mais à ce micro, il y a une quinzaine de jours, vous nous disiez qu'il n'y avait pas de brebis galeuses au sein du Rassemblement national, qu'il n'y en avait plus. Là, on s'aperçoit dans les dernières heures qu'il y a encore des personnes écartées pour des propos tenus.
« Par définition, il y a des gens qui portent un masque, qui choisissent de ne pas dire la réalité et qui, dans une sorte de sous-texte, ont des propos qui ne sont pas acceptables. Lorsque nous les démasquons, eh bien nous les sortons. »
Vous admettez qu'il y a peut-être encore du ménage à faire et des brebis galeuses au RN ?
« Moi je ne crois pas. Je pense qu'aujourd'hui le travail que Marine Le Pen a réalisé depuis son accession à la présidence du Rassemblement national a été évidemment un travail de rupture. »
🔴Affaire Bardella-Mediapart 🗣️ @sebchenu : "Non, on n'attire pas des dingues. On a une ligne au RN : quiconque s'autorise à des propos condamnables, ne doit pas porter nos couleurs." #GrandMatin 📻 https://t.co/y4VcQ5a6lt https://t.co/cZXL7NLz6h
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Affaire Bardella : "Nous ne croyons pas un mot de ce que dit Mediapart"
Que dites-vous aux accusations portées par Mediapart contre Jordan Bardella et Marine Le Pen ?
« Nous ne croyons pas un mot de ce que dit Mediapart pour plein de raisons que j'ai eu l'occasion d'expliquer ici, mais surtout nous pensons que Mediapart manipule à la fois l'opinion publique et manipule les faits. Donc face à des manipulateurs, nous n'avons ni doute, ni inquiétude, ni questionnement, mais nous considérons qu'il faut avancer et surtout ne pas priver les Français du débat présidentiel. »
Pour en revenir au budget, vous disiez ne pas le voter en l'état. En cas de recours au 49.3, voterez-vous la motion de censure ?
« Aujourd'hui, ça va dépendre de ce qu'il y a dans le budget, ce sont les fameuses lignes rouges. Je ne sais pas si le gouvernement va continuer à aller vers le coup de rabot sur les retraites. Nous, par définition, on ne s'empêche de rien. Par conséquent, la balle est dans le camp du gouvernement. »
🔴 @sebchenu n'exclut pas de voter la censure en cas de 49.3 sur le #Budget2027 ! 🗣️"On ne s'empêche de rien, la balle est dans le camp du Gouvernement" #GrandMatin 📻 https://t.co/LIMgdJRBVG https://t.co/DLCe2j50Kl
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Censure : "La balle est dans le camp du gouvernement"
Un gouvernement pourrait donc tomber en plein hiver, à quelques mois de l'élection présidentielle.
« La balle est dans le camp du gouvernement. Ils savent très bien, nous l'avons démontré, que nous avons déjà voté des censures et que nous avons déjà refusé d'en voter. Ils ont déjà pactisé avec les socialistes et Les Républicains pour sauver leur tête la dernière fois alors que nous étions capables de voter la censure. La balle est dans leur camp. »
Si vous arrivez aux affaires dans cinq ou six mois, vous devrez gérer ce budget.
« C'est la raison pour laquelle nous souhaitons que le budget soit modifiable au bout de six mois. L'enjeu est d'avoir un budget qu'on puisse modifier dans six mois, et non pas une loi spéciale. »