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Fin du "cauchemar" pour Sarkozy qui est sorti de la prison de la Santé

Après 20 jours de détention à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy a retrouvé la liberté. Lors de son audience ce matin, l'ex-Chef de l'Etat avait décrit sa détention comme "très dure", "éreintante" et "un cauchemar".

La cour d'appel de Paris a rendu ce lundi sa décision sur la demande de mise en liberté de l'ex-président Nicolas Sarkozy, incarcéré dans le procès libyen et a donc décidé de le faire sortir de sa détention sous contrôle judiciaire. L'ancien président de la République être sorti de la prison de la Santé vers 15h, à bord d'une voiture noire aux vitres teintées et à l'intérieur de laquelle l'attendait son épouse Carla Bruni-Sarkozy, escortée par des motards de la police, et a rejoint directement son domicile du XVIe arrondissement. Il pourra désormais attendre libre son procès en appel, qui devrait commencer en mars.

A l'audience d'examen de sa demande lundi matin, le parquet général avait requis que l'ex-chef de l'Etat soit libéré sous contrôle judiciaire du centre pénitentiaire parisien où il était écroué depuis vingt jours.

"La fin de l'histoire reste à écrire"

"Au moment où je retrouve ma liberté et ma famille, je veux dire à toutes celles et ceux qui m’ont écrit, soutenu, défendu, combien je leur en suis reconnaissant, a écrit Nicolas Sarkozy à sa sortie sur son compte X. Vos milliers de témoignages m’ont bouleversé et donné la force de supporter cette épreuve. Le droit a été appliqué. Je vais maintenant préparer le procès en appel. Mon énergie n’est tendue que vers le seul but de prouver mon innocence. La vérité triomphera. C’est une évidence que la vie enseigne. La fin de l’histoire reste à écrire."

"C'est dur, très dur"

Lors de l’audience en visioconférence devant la cour d’appel de Paris, Nicolas Sarkozy avait décrit ce lundi matin sa détention comme "très dure", "éreintante" et "un cauchemar". Condamné à cinq ans de prison dans l’affaire du financement libyen, l’ancien chef de l’État a clamé son innocence et demandé sa mise en liberté, invoquant des conditions de détention éprouvantes et l’absence de risque de récidive.

"C'est dur, c'est très dur, ça l'est certainement pour tout détenu, je dirais même que c'est éreintant", a dit l'ancien président, invité à s'exprimer à la fin de l'audience qui a duré un peu moins d'une heure. "Je veux rendre hommage au personnel pénitentiaire qui a été d'une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar, parce que c'est un cauchemar, supportable", a-t-il poursuivi, le visage fermé, apparaissant en visioconférence depuis la prison de la Santé à Paris.

"Je n'avais pas imaginé attendre 70 ans pour connaître la prison"

Condamné le 25 septembre à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans le procès libyen, Nicolas Sarkozy a admis ne pas avoir "imaginé attendre 70 ans pour connaître la prison".

Le tribunal correctionnel de Paris l'a reconnu coupable d'avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il a aussitôt fait appel.

Lundi, il a donc une nouvelle fois clamé son innocence. "Je souhaite que la cour soit convaincue d'une chose : je n'ai jamais eu l'idée folle de demander à M. Kadhafi quelque financement que ce soit", a-t-il assuré. "Jamais je n'avouerai quelque chose que je n'ai pas fait", a-t-il dit. "Je me bats pour que la vérité triomphe", a-t-il encore ajouté.

"Jamais je n'avouerai quelque chose que je n'ai pas fait"

Pour "le président, même s'il est un homme fort, robuste et courageux, cette détention a été pour lui une grande souffrance et une grande douleur", a souligné avant lui un de ses avocats, Me Jean-Michel Darrois, qui s'exprimait à ses côtés en visioconférence. Le conseil a assuré la cour que devait être "exclue" de son esprit l'idée qu'il pouvait y "avoir réitération de l'infraction" et qu'il ne pouvait "y avoir de pression sur les témoins", des critères qui pourraient fonder son maintien en détention.

"C'est la détention qui constitue une menace pour Nicolas Sarkozy, pas le contraire", a souligné de son côté Me Christophe Ingrain, un autre de ses avocats, observant qu'il était pour des raisons de sécurité "placé à l'isolement" et qu'il bénéficiait de la protection de deux agents en détention.

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