Selon la 6e édition du baromètre OpinionWay pour Point S (réalisée du 22 au 25 mai 2026 auprès d'un échantillon représentatif de la population française), le budget est aujourdhui devenu plus que jamais le premier arbitre des départs en vacances.
Pour la première fois depuis six ans, la part des Français qui considérent les vacances comme un moment « sacré » et qui prévoient un départ tombe à 50 %. Un recul significatif qui témoigne d'un pouvoir d'achat sous haute tension : 9 % des foyers ont déjà renoncé à partir, tandis que 21 % restent dans l'indécision, suspendus à l'évolution de leurs finances.
Le carburant, ce passager clandestin qui pèse lourd
C’est le principal point de friction de cet été 2026 : le prix à la pompe. Pour 47 % des Français, la hausse des prix des carburants aura un impact direct sur leur organisation. Les stratégies d'adaptation se multiplient : 18 % vont changer de destination, 12 % comptent raccourcir leur séjour et 17 % envisagent purement et simplement l'annulation.
Les familles sont les premières victimes de cette équation budgétaire complexe. Chez les foyers avec enfants, ils sont 61 % à déclarer que le coût de l'essence influencera leurs vacances. « Les vacances sont devenues une véritable variable d’ajustement budgétaire », analyse Frédéric Micheau, Directeur Général Adjoint d’OpinionWay.

La voiture, moyen de transport toujours privilégié
Malgré ces contraintes, la voiture demeure le mode de transport privilégié pour 63 % des vacanciers, loin devant l'avion (15 %) ou le train. Elle est plébiscitée pour sa praticité (78 %) et le fait que certains trajets sont difficilement réalisables autrement (59 %).
On observe cependant une mutation de fond : le recours au véhicule thermique classique recule (-8 points en trois ans) au profit de l'hybride et de l'électrique, qui concernent désormais 20 % des départs (+3 points en un an). Mais ce désamour progressif pour la voiture thermique cache une réalité plus sombre : sans alternative de transport jugée satisfaisante, de nombreux Français choisissent tout simplement de ne plus partir.
L'entretien de la voiture négligé
Le signe le plus inquiétant de cette pression financière se trouve peut-être sous le capot. Pour préserver leur budget, les automobilistes sacrifient l'entretien de leur véhicule. En un an, la vérification des pneus a chuté de 8 points, celle du niveau d'huile de 6 points, et la préparation globale du véhicule avant le départ de 4 points.
Un comportement à risque qui alerte les professionnels. Lionel Haberlé, directeur marketing de Point S, souligne que « certains automobilistes semblent reporter ou limiter certaines vérifications d’entretien » dans ce contexte tendu, rappelant que la sécurité ne devrait pas faire l'objet d'arbitrages budgétaires. Alors que 35 % des Français prévoient de dépenser moins que l'an dernier, l'été 2026 s'annonce comme celui de la sobriété contrainte, où chaque kilomètre parcouru est désormais compté.