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Franck Chaumes « Moi, je crois aujourd'hui surtout que c'est la France qui a du cœur »

Par Hugo Paillart

Interview Sud Radio – Alors que les feux continuent de progresser en Gironde, les habitants poursuivent leurs élans de solidarité. Au micro de Sud Radio, Franck Chaumes, président de l’Union des Métiers de l’Industrie et de l’Hôtellerie salue l’élan de solidarité dans le pays.

ALAIN JOCARD - AFP

Les feux en Gironde ne sont pas encore fixés. 220 000 personnes ont été évacués. En attendant que ces derniers puissent regagner leurs logements ou leurs campings, ils faut les loger. Dans un élan de solidarité, des associations décident de mettre en place des actions pour venir en aide à ces personnes. Au micro de Sud Radio, Franck Chaumes, président de l’Union des Métiers de l’Industrie et de l’Hôtellerie présente les élans de solidarité.

«  Ma profession l’a démontré par sa solidarité, sa générosité »

Comment s'est mise en place cette mobilisation, cette solidarité dans les hôtels, Franck Chaumes ? 

« Écoutez, quand il y a eu l'évacuation de la Presqu'Île-de-Lège-Cap-Ferrées, il a fallu réceptionner tous ces évacués sur la métropole de Bordelaise. Le directeur de cabinet de Thomas Cazenave m'a appelé en me demandant si on pouvait faire quelque chose et les aider à trouver de l'hébergement. En parallèle, il y avait le parc des expositions de Bordeaux qui offrait des couchages. » explique Franck Chaumes au micro de Sud Radio.  

« On a envoyé un mailing à tous nos adhérents et en moindre d'une heure, il y avait 500 chambres qui étaient disponibles. Donc, je salue bien évidemment cette solidarité qu'il y a dans cette profession, malgré tout ce qu'on pourrait dire. »

 C'est-à-dire tout ce qu'on pourrait dire, Franck Chaumes ? Vous savez, on a toujours l'image de la concurrence entre vous.

« On croit toujours qu'on n'est pas des gens qui n’ont pas de cœur. Moi, je crois aujourd'hui surtout que c'est la France qui a du cœur. Malheureusement, il faut qu'il y ait des catastrophes comme celle-ci pour s'en rendre compte. Mais là, il n'y a pas de politique, c'est plutôt la politique du cœur. » estime le président de l’UMI 

« Ma profession l’a démontré par sa solidarité, sa générosité. Puisque les restaurateurs ont offert des repas. Honnêtement, je vous le dis de toute ma vie, j'ai beaucoup d'émotions que j'ai vécu ça, que je vis encore ça. Et je trouve ça extraordinaire, notre pays. » exprime Franck Chaumes au micro de Sud Radio

Vous n'aviez jamais vu un tel élan de solidarité dans votre carrière, dans votre vie, Franck Chaumes ? 

« Non, on avait vu avait vu des solidarités lors des crues de 2022.  Il y en a eu pendant la Covid. Mais là, ça dépasse tout, vraiment, des bénévoles qui sont en profusions, qui prennent sur leurs vacances. Quand vous avez vu les agriculteurs qui sont venus au soutien des pompiers, vous le voyez sur toutes vos antennes et de télé. C'est vraiment magnifique. » se réjouit Franck Chaumes. « Malheureusement, je dis bien malheureusement, c'est pour une catastrophe, mais il faut juste retenir le positif. Vous savez, on est toujours en train de parler de choses négatives. Nous sommes une profession avec beaucoup de résilience. » nuance l’hôtelier

« On a vécu les gilets jaunes, on a vécu la Covid, on a vécu la montée d'énergie, on a vécu la montée de la matière première et du pouvoir d'achat. On va se relever. On a eu les feux en 2022 dans le sud-ouest, à la Teste, et là, on subit encore un feu. Il ne faut pas s'inquiéter, on va se relever. Ça va être dur, ça va être dur. C'est pour ça que l'UMI est là pour les accompagner, pour accompagner tous nos adhérents. »

« C’est tellement apocalyptique »

Vous dites, ça va être dur. La préfète de Gironde qui a invité, vous l'avez entendu, les vacanciers du mois d'août à reporter leur séjour dans la région. On va se relever, mais la saison, elle est foutue cette année pour les professionnels du tourisme. Franck Chaumes ? 

« Il n'est pas encore fixé, mais il ne progresse plus. Donc ça, c'est déjà une bonne nouvelle. Malheureusement, il va y avoir encore de fortes chaleurs avec la nouvelle vague de canicule. Évidemment, on espère qu'il n'y aura pas de nouveau du départ de feu. Vous savez, on a quand même un petit défaut, les Français, c'est qu'on est souvent insatisfait. »

« A savoir que quand il y a de la prévention, ça ne va pas. Et quand il y a trop de préventions, ça ne va pas. Aujourd'hui, la préfète, je peux comprendre son souci. Elle s'est préoccupée de la partie humaine. Il y avait l'humain et le financier. Donc elle a voulu, si vous voulez, que les routes soient complètement libérées pour les zones de sécurité, pour les sapeurs-pompiers, pour tout. »

« Donc effectivement, elle aurait peut-être pu préciser sur les lieux sinistrés et momentanément ou pour l'instant. On a fait ce retour au ministre. Je pense qu'elle changera sa façon de communiquer. Mais on ne peut pas lui en vouloir. Vous savez, c'est tellement apocalyptique. Et les sapeurs-pompiers ont besoin d'avoir les axes routiers dégagés. »

« En revanche, la Gironde est grande. Vous avez tout le Médoc, toute cette côte atlantique, Montalivé et autres. Vous avez le Libourné avec la Rue des Châteaux. La Gironde n'est que la presqu'île. Vous avez de l'autre côté d’Arcachon. Donc j'ai envie de dire maintenant, c'est à nous de recommuniquer. »

«  Le gouvernement est présent »

Le gouvernement vous a garantis qu'il allait vous aider là-dessus. C'est-à-dire ? Quelle garantie vous avez obtenue du gouvernement ? Vous avez rencontré un certain nombre de ministres hier matin du côté de l'UMI. 

« Oui, alors on a obtenu une chose qui est importante. C'est-à-dire l'obtention du chômage partiel. Parce que bien évidemment, on a du personnel qui était engagé pour faire la saison. Donc on a la garantie d'avoir ce chômage partiel. Ce n'est pas une promesse, c'est une garantie.Donc je crois que le gouvernement, malgré ce qu'on puisse dire, est présent. Il est vraiment présent. Il a dit que ça coûterait de l'argent, mais qu'ils assumeront. Parce qu'on a vu que le président de la République était venu hier chez nous. »

« Aujourd'hui, nous les organisations professionnelles, on est en train de faire l'inventaire de tout ce que ça va coûter. C'est-à-dire en charges habituelles, chômage partiel. Et nous sommes le matin, je serai encore à 9h30 avec le ministre. Puisque tous les jours, il y a une réunion de crise avec le ministre. Donc ça prouve bien qu'ils ont de l'attention pour nous. Et arrêtons de toujours être dans la querelle. »

Vous dites qu'aujourd'hui le gouvernement est présent, qu'il est mobilisé à vos côtés ? Comprenez-vous les critiques qui lui sont faites sur sa gestion de la crise ?

« Oui, mais bien sûr qu'il est mobilisé à nos côtés, qu'il a du cœur lui aussi. Puis arrêtons de se chamailler, ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, les feux ne sont pas éteints. Moi, je ne suis pas un technicien, j'ai écouté beaucoup de techniciens forestiers qui vous disent qu'effectivement, il faut faire de la coupe, il faut faire des pare-feux plus importants. On ne les a pas écoutés."

Mais on ne les a pas écoutés parce que l'écologie est rentrée dans notre quotidien. Aujourd'hui, abattre un arbre, on dirait qu'on a tué quelqu'un. Alors que là, c'est pire que tout. »

«Arrêtons de nous opposer » 

Ça va coûter beaucoup plus d'argent à l'État. C'est-à-dire qu'il y a une partie de l'écologie qui est responsable notamment des dégâts qu'on a, qu'on constate aujourd'hui sur ces incendies ?

« Mais bien sûr, les anciens vous le disent, les forestiers et les agriculteurs vous disent qu'on n'irrigue pas. Les endroits où le feu n'a pas pris, c'est quand c'était à côté de champs d'agriculture où c'était irrigué. Donc arrêtons de s'opposer ou de dire qu'il ne faut pas abattre un arbre. Le résultat des courses, on n'abattra pas les arbres. On est dans une région forestière avec des hectares de pins. »

« Si aujourd'hui, on ne fait pas des pare-feux conséquents et qu'on ne coupe pas des arbres, eh bien arrive ce qui est arrivé. Ça fait deux fois quand même. Et là, ce n'est pas le gouvernement qui est responsable. C'est qu'il y a des oppositions. Les oppositions, parfois, font capoter des décisions. » conclut Franck Chaumes, président de l’UMI

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