Lourde journée mardi sur le plan judiciaire pour le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier, jugé à Marseille pour favoritisme et qui connaîtra en début d'après-midi la décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence dans un autre dossier de prise illégale d'intérêts.
Le sénateur des Bouches-du-Rhône, ancien membre du Rassemblement national puis de Reconquête!, sera jugé pour des faits de favoritisme datant de septembre 2016 à juin 2017, alors qu'il occupait le siège de maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements), remporté lors des municipales de 2014.
M. Ravier est accusé d'avoir attribué en partage à deux sociétés un marché visant à la rénovation du site internet de la mairie de secteur mais qui, selon le parquet, bénéficierait en fait à la même personne.
Ce "saucissonnage" aurait permis, selon l'accusation, de se situer sous la barre des 25.000 euros, montant à partir duquel un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence.
Une enquête avait été ouverte en 2021 alors que la mairie de secteur avait basculé, un an plus tôt, vers la droite marseillaise.
Durant les investigations, le sénateur aurait évoqué son ignorance des modalités de passation de ce marché.
En parallèle en début d'après-midi, Stéphane Ravier connaîtra la décision de la cour d'appel d'Aix-en-Provence dans un dossier de prise illégale d'intérêts.
En première instance, en mai 2024, il avait été condamné à six mois de prison avec sursis et à une inéligibilité d'un an pour avoir "œuvré illégalement" au recrutement de son fils à la mairie de secteur via dix contrats à durée déterminée sur une période de trois ans et demi avant que celui-ci n'accède au statut de fonctionnaire stagiaire.
Deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20% des voix, Stéphane Ravier avait quitté le RN pour rallier la candidature d'Eric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête! en 2024 et laissait depuis planer le doute sur son éventuelle candidature pour la mairie de Marseille en 2026.
Le sénateur des Bouches-du-Rhône avait finalement annoncé en octobre qu'il soutiendrait "sans réserve" la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille, bien qu'il ait quitté le parti.
AFP / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP