Vingt-deux ans de prison ont été requis vendredi au procès de Mohamed Sylla, 21 ans, accusé du meurtre de Samir Hamraoui, tué à 22 ans dans une rue passante de Metz, la nuit du 14 au 15 juillet 2022.
En ce soir de fête nationale, Samir Hamraoui et sa bande de copains descendent de la commune d'Herserange, tout près de la frontière luxembourgeoise, où ils résident, pour s'amuser à Metz.
Vers 1h30 du matin, une altercation éclate avec deux autres personnes, Mohamed Sylla et Fisnik Lahu. Aucun des protagonistes ne se connaissait auparavant.
Mohamed Sylla est accusé d'avoir tué Samir Hamraoui, d'un coup de couteau en plein coeur.
"C'est irréel, irrationnel, tout ça n'a pas de sens", a regretté l'avocat général David Touvet, avant de requérir 22 ans de réclusion criminelle à l'encontre du principal accusé et trois ans de prison dont deux ferme contre Fisnik Lahu, poursuivi pour violences avec arme sur une autre victime.
L'avocat de Mohamed Sylla, Thomas Guyard, a soutenu la thèse d'une bagarre entre lui, Samir Hamraoui et sa bande de copains: "ce sont des hommes plus ou moins jeunes, alcoolisés et avec des tendances addictives de consommation de stupéfiants".
Il a appelé la cour à "faire bénéficier M. Sylla des doutes" qu'elle peut avoir.
Ces cinq jours de procès ont été "éprouvants, terribles, dont on ne peut pas sortir insensible", a rappelé dans sa plaidoirie Paul Hérhard, avocat de la famille de Samir Hamraoui, insistant sur "l'horreur" de ce dossier marqué par la "perte d'un être cher, d'un gamin de 22 ans".
Pour lui, "c'est un meurtre, pas un accident, (pas) un coup de couteau malheureux".
L'accusé était alors âgé de 18 ans. Cet orphelin arrivé de Côte d'Ivoire en 2018, en tant que mineur non accompagné, a baigné dans la violence et a connu la guerre dans son pays natal.
Des faits de violence se poursuivent d'ailleurs en détention, où des incidents ont été recensés ces derniers mois. Ces événements "ne sont pas poursuivis" devant le tribunal correctionnel, a toutefois relevé son avocat.
Une expertise psychiatrique a pointé un risque de récidive "majeur", selon M. Touvet.
L'avocat général a aussi requis deux ans de prison, dont 10 mois avec sursis, à l'encontre de l'ex-compagne de Fisnik Lahu, poursuivie pour avoir aidé les deux hommes à prendre la fuite vers l'Espagne au lendemain des faits.
Le verdict est attendu dans la soirée.
AFP / Metz (AFP) / © 2026 AFP