"Pas de volets, pas de loyer" : face à la canicule et aux logements transformés en véritables bouilloires, des locataires lancent une pétition et appellent à une grève des loyers. Les signataires réclament l'installation obligatoire d'équipements de base indispensables, tels que des stores extérieurs, des volets en bois ou des brasseurs d'air. Ils demandent également que ces mesures soient inscrites dans le prochain projet de loi du gouvernement sur le logement, qui sera examiné au Sénat à partir du 7 juillet.
10 000 signataires
Si, légalement, un locataire ne peut en aucun cas décider unilatéralement de suspendre le paiement de son loyer, cette initiative citoyenne rencontre néanmoins un certain succès, avec près de 10 000 signatures et des milliers de partages sur les réseaux sociaux.
"Pourquoi continuer à payer pour un logement devenu inhabitable ? "
Amine Messal, l'un des auteurs de la pétition, vit dans une"bouilloire thermique". Lors de la dernière canicule, il a même été contraint de quitter son logement. Il explique : "Nous demandons quelque chose de très simple : adapter les logements aux événements climatiques extrêmes. Pourquoi continuer à payer pour un logement devenu inhabitable ? On paie un loyer, on ne peut pas vivre dans le logement, on arrête de payer le loyer. C'est aussi simple que ça !"
66% des Français souffrent de la chaleur chez eux
Ce collectif de locataires, soutenu par plusieurs associations, dont la Fondation pour le Logement, demande à l'État de renforcer la lutte contre les logements bouilloires, alors que 66% des Français déclarent souffrir de la chaleur chez eux.
L'Organisation mondiale de la Santé, elle, rappelle qu'un logement dont la température dépasse le seuil de 24 degrés la nuit entraîne une augmentation immédiate des risques d'hospitalisation.
"On ne peut pas continuer à accepter qu'il n'y ait aucune obligation pour les propriétaires !"
Maider Olivier, chargée de plaidoyer sur les questions climatiques, estime que "ce n'est pas entendable qu'on n'ait pas des équipements aussi simples qu'un ventilateur au plafond. Gagner quelques degrés, c'est protéger la vie des locataires dans ces logements. On ne peut pas continuer à accepter qu'il n'y ait aucune obligation pour les propriétaires. On est sur un enjeu sanitaire !"