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Opération coup de poing contre la DZ Mafia : 42 personnes arrêtées dont 3 chefs présumés

La justice a lancé une vaste offensive contre la DZ Mafia en plaçant en garde à vue 42 personnes, dont les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic et a étendu ses activités bien au-delà de Marseille.

GABRIEL BOUYS - AFP/Archives

La justice a lancé une vaste offensive contre la DZ Mafia en plaçant en garde à vue 42 personnes, dont les principaux chefs présumés de cette organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic et a étendu ses activités bien au-delà de Marseille.

Préparée depuis plusieurs mois dans la plus grande discrétion par deux juges d'instruction de la Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs), le coup de filet baptisé "Octopus" (pieuvre) est piloté par les gendarmes de la section de recherches de Marseille. Il s'est déroulé sur plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, selon des sources proches du dossier.

Le parquet de Marseille se borne à ce stade à indiquer que 42 personnes sont en garde à vue et prévoit une conférence de presse à l'issue des gardes à vue samedi matin.

En plus d'interpellations, l'enquête vise des suspects déjà en détention.

Trois des principaux chefs présumés de l'organisation, détenus dans des prisons de haute sécurité, font ainsi partie des personnes placées en garde à vue, de même qu'un avocat lyonnais, soupçonné d'avoir été corrompu, a appris l'AFP d'une autre source proche du dossier, confirmant une information du quotidien Le Parisien.

Amine O., Gabriel O. et Mahdi Z., considérés comme les trois "pères fondateurs" de la DZ Mafia, soupçonnés de piloter leurs activités criminelles depuis leurs lieux de détention, sont ainsi interrogés, selon cette source.

L'avocat est un pénaliste, toujours selon cette source.

En décembre, il avait été mis en cause par la presse pour avoir tenté d'introduire des objets interdits en détention dans une des prisons de haute sécurité récemment créées pour recevoir les criminels jugés les plus dangereux, ce qu'il avait fermement démenti sur sa page LinkedIn.

Contacté par l'AFP, le barreau de Lyon confirme être au courant mais ne veut pas communiquer avant la fin de la garde à vue.

"L’Etat ne cède rien face aux organisations criminelles : il les démantèle", a réagi sur X le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Dans quelques jours, à partir du 23 mars, Amine O. et Gabriel O. doivent comparaître dans le box des accusés lors du procès à Aix-en-Provence d'un double assassinat commis en 2019, avant l'émergence de la DZ Mafia.

Amine O., surnommé "Mamine" doit également être jugé à l'automne pour un triple assassinat en 2020, dont une des victimes était Brahim, le grand frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, qui a perdu un autre frère, Mehdi, assassiné à 20 ans en novembre.

- "Hydre" -

Sa mort, qualifiée de possible "crime d'avertissement" à son frère Amine, sous protection policière depuis l'été, avait provoqué une onde de choc et le gouvernement avait promis de mener une bataille sans merci, inspirée de celle menée contre le terrorisme, face au fléau du narcobanditisme.

La DZ Mafia, nom qui fait référence à l'Algérie, est un groupe criminel qui domine actuellement le marché de la drogue à Marseille et s'étend le long du Rhône et ailleurs en France. Ce nom a émergé lors du bain de sang à Marseille en 2023 lié notamment à la guerre l'opposant au clan Yoda. Une cinquantaine de personnes dont quatre victimes collatérales avaient été tuées.

Aujourd'hui, la région marseillaise connaît un calme rarement éprouvé, notamment parce que la DZ Mafia a largement pris le dessus.

Et ses activités se sont "diversifiées" au-delà du trafic de drogue, avec des extorsions de commerces par exemple. Le nom est aussi apparu dans la tentative de racket visant le rappeur SCH, soldée par l'assassinat d'un de ses proches.

Les affiliés peuvent également offrir des prestations de service avec des équipes embauchées pour des règlements de compte au profit d'autres groupes, mettre de l'ordre dans un réseau ou fournir du monde à d'autres réseaux, détaille une source policière haut placée.

Selon les experts, ce clan n'a de mafia que le nom et fonctionne non pas comme une société secrète pyramidale mais comme une structure opportuniste avec des annonces de recrutement sur les réseaux sociaux qui vont du simple guetteur sur un point de deal à la recherche de tueurs à gages.

C'est une "hydre": "Ce n'est pas une organisation avec un chef ou une hiérarchie claire mais un groupe de personnes qui s'agrègent avec des gens en prison et à l'extérieur", selon la source policière.

Son nom apparaît dans des dossiers à Nîmes, Alès et jusqu'à Clermont-Ferrand ou Rennes.

cor-mby-mla-san/so/tes

Par Sandra LAFFONT / Marseille (France) (AFP) / © 2026 AFP

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