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Municipales: LFI poursuit son implantation dans les villes populaires

Ce n'est pas nouveau: La France insoumise mise sur la jeunesse et les quartiers populaires pour arriver à la victoire en 2027. Les résultats du second tour des municipales dimanche la confortent dans cette direction, mais esquissent un plafond de verre dans les plus grosses villes.

Francois LO PRESTI - AFP

Ce n'est pas nouveau: La France insoumise mise sur la jeunesse et les quartiers populaires pour arriver à la victoire en 2027. Les résultats du second tour des municipales dimanche la confortent dans cette direction, mais esquissent un plafond de verre dans les plus grosses villes.

Après Saint-Denis au premier tour la semaine dernière, la formation de Jean-Luc Mélenchon l'a emporté dimanche dans une autre ville populaire de Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de l'Hexagone: la Courneuve, avec le député Aly Diouara.

Autre ville marquée par un très haut taux de pauvreté gagnée par les Insoumis: Roubaix dans la banlieue lilloise, derrière le député David Guiraud.

Dans la banlieue lyonnaise, les Insoumis l'ont emporté à Vénissieux, Vaulx-en-Velin et Saint-Fons.

Avec Creil (Oise) et Le Tampon (La Réunion), le mouvement de gauche radicale s'enorgueillit de diriger dorénavant sept villes de plus de 30.000 habitants et oubliera facilement sa défaite à Faches-Thumesnil (Nord), qui était jusqu'ici son laboratoire municipal depuis 2020.

A part cette dernière, la formation de gauche radicale ne dirigeait pratiquement aucune ville: créée en 2016, elle avait largement enjambé les municipales de 2020, où elle avait préféré soutenir des listes citoyennes.

De quoi faire dire au coordinateur du mouvement Manuel Bompard que la "percée" des candidats LFI aux municipales se "confirme, s'amplifie et se renforce".

"En tout état de cause, La France insoumise fait une entrée fracassante dans les conseils municipaux", a-t-il ajouté devant la presse, précisant en attendre au moins un millier de conseillers.

Car c'était bien là l'objectif des Insoumis: conforter un ancrage local encore faible pour s'inscrire durablement dans le paysage politique et exister en dehors des élections présidentielles, au cours desquelles Jean-Luc Mélenchon a réalisé de bons scores en 2017 et 2022.

"Jean-Luc Mélenchon a renforcé ses positions dans un certain nombre de quartiers populaires, ce sera essentiel pour lui pour mobiliser" dans la perspective de la présidentielle 2027, à laquelle il semble plus que jamais se préparer, confirme François Kraus, directeur du pôle politique de l'institut Ifop.

- En-dehors des banlieues, point de salut? -

Mais plus largement, la stratégie de La France insoumise --cibler les abstentionnistes dans les quartiers populaires en parlant "cru et dru"--, n'atteint pas ses objectifs. La participation à ce scrutin a été historiquement faible.

"Aux élections intermédiaires c'est toujours plus difficile de trouver un levier de mobilisation", comme LFI a tenté de le faire pendant les européennes de 2024 avec Gaza et pour les municipales avec le "front antifasciste", s'est justifié devant des journalistes Manuel Bompard.

"On gratte une montagne de la résignation avec nos doigts, ça prendra du temps", a-t-il philosophé, en résumant ainsi la stratégie insoumise: "La participation des quartiers populaires ce n'est pas tout, mais la victoire ne se fera pas sans ça".

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Nalini LEPETIT-CHELLA, Paz PIZARRO, Julie PEREIRA - AFP

Avec cette tactique, LFI s'attire des critiques, notamment à gauche auprès des communistes ou de l'ancien insoumis François Ruffin, car elle est accusée de délaisser les zones rurales, où le Rassemblement national est en très forte progression.

Surtout, si LFI fait un bon score à Lille (33,7%), elle n'a réussi à gagner aucune grande ville, alors qu'elle nourrissait de réels espoirs à Toulouse et Limoges, où elle avait fait l'union de la gauche derrière elle.

Une sorte de plafond de verre à l'échelon local, quand la sociologie électorale est moins favorable car plus mixte.

Mais Manuel Bompard réfute ce terme.

"Un plafond de verre c'est quand on fait cinq élections et qu'on est bloqué à 47%", le score du candidat insoumis à Toulouse, François Piquemal, qui se présentait pour la première fois.

"A Toulouse nous arrivons à un niveau historiquement haut, donc nous avons fait la démonstration que nous pouvions déjà repousser une première fois ce plafond de verre", ajoute la cadre et eurodéputée LFI Manon Aubry.

"C'est plutôt les classes moyennes supérieures qui nous ont permis d'être en tête de la gauche. Comme à Limoges", ajoute-t-elle.

Par Léo MOUREN / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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