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Meurtre d’Alban Gervaise : “Pas normal que le meurtrier soit remis en liberté !”

ENTRETIEN SUD RADIO - Quatre ans après avoir tué Alban Gervaise à Marseille, son meurtrier a été remis en liberté. La famille de la victime remet en cause l’irresponsabilité pénale.

Alban Gervaise
Le meurtrier d'Alban Gervaise partiellement remis en liberté. (Gabriel BOUYS - AFP/Archives)

Alban Gervaise a été tué par Mohamed L. en mai 2022 à Marseille. Le médecin militaire de 40 ans était dans son véhicule avec sa fille de 20 mois lorsque son meurtrier l’a poignardé. En juin 2025, l’individu a été reconnu pénalement irresponsable et a été interné. Mercredi 27 mai, les médecins psychiatres qui s'occupent de lui ont demandé la levée complète des soins. D’ici quelques jours, il pourra donc rentrer chez ses parents tous les soirs ainsi que le week-end. L’avocat de Christelle Gervaise, veuve d'Alban Gervaise, s’indigne au micro de Sud Radio.

"Difficile à comprendre et à encaisser"

"C’est une libération partielle, précise Stéphane Bonichot, avocat de Christelle Gervaise, veuve d’Alban Gervaise, au micro de Jacques Cardoze sur l'antenne de Sud Radio. On se souvient que ce médecin militaire avait été tué par Mohamed L. en mai 2022 à Marseille. Elle a été communiquée par le parquet à Mme Gervaise quatre ans jour pour jour après la mort de son mari. C’est très difficile à comprendre et à encaisser. Il sera partiellement libre, suivi à l’hôpital pendant la semaine en journée. Le soir et le week-end, il rentrera chez lui."

"Le meurtrier habite toujours là où habitent Mme Gervaise et ses enfants"

Cet assassin avait été déclaré irresponsable. "Soit il est extrêmement dangereux comme on nous l’a dit, et c’est la conclusion des expertises psychiatriques. Il doit être alors fermement pris en charge durablement. Soit il n’est pas aussi irresponsable que cela, et on ne voit pas ce qu’il fait dehors. Dans les deux cas, on ne comprend pas. La chambre de l’instruction n’a pas jugé nécessaire de prononcer de mesure d’éloignement. Le meurtrier habite toujours là où habitent Mme Gervaise et ses enfants."

"Il avait fait des repérages devant l’école, agressé d’autres personnes"

Il a échappé à la prison et à la cour d’assises, et à toute explication sur ses actes. Mais de quoi souffre-t-il ? "Selon les psychiatres, au moment du meurtre, une bouffée délirante a révélé une pathologie psychiatrique antérieure, notamment alimentée par une très forte consommation de cannabis. Nous avons contesté cette irresponsabilité pénale. Nous avions demandé une contre-expertise", rappelle Stéphane Bonichot, avocat de Christelle Gervaise, veuve d’Alban Gervaise, sur l'antenne de Sud Radio.

"L’irresponsabilité pénale aurait pu être levée"

"Il avait fait des repérages devant l’école, agressé d’autres personnes. L’irresponsabilité pénale aurait pu être levée. Depuis l’affaire Halimi, la loi avait été modifiée. On peut la lever quand une personne a consommé des substances psychoactives dans l’objectif de commettre les actes. C’est une condition très restrictive qui a été rejetée ici. Nous avons fait un pourvoi en cassation. On aurait dû prendre en compte la consommation volontaire de cannabis."

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