single.php

L’opinion de Françoise Degois : "LR et le PS ont l'art de changer l'or en plomb !"

OPINION SUD RADIO – Françoise Degois dresse un constat sévère de l’état du Parti Socialiste et des Républicains après les municipales. À ses yeux, leurs querelles affaiblissent leur crédibilité à l’approche de la présidentielle, laissant le champ libre aux extrêmes.

L’opinion de Françoise Degois : "LR et le PS ont l'art de changer l'or en plomb !"
JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Drôle d'époque avec vous Françoise Degois. Avec le spectacle affligeant donné par les deux grands partis : le Parti Socialiste et Les Républicains, expliquez-nous. 

« Ces deux là ont l'art et la manière de changer l’or en plomb. Commençons par le Parti Socialiste qui nous offre depuis dimanche l'un de ses spectacles les mieux rodés : « Qui veut la peau du premier secrétaire ? » Voilà un parti qui a remporté la plupart des grandes villes, confirme qu'il est la principale force de gauche localement. 

Et depuis dimanche soir la chasse au Olivier Faure est ouverte. Alors il est vrai que le premier secrétaire y a mis du sien en laissant plusieurs maires passer des accords avec LFI, ce qui les a fait carrément perdre. Pour le reste c'est une stratégie perdante mais on peut dire aussi que ceux qui veulent son scalp sont aussi dans la sauce.

"La fameuse primaire va passer par-dessus bord"

Boris Vallaud et François Hollande, tous deux proches des candidats ou maires de Limoges, Clermont, Brest et Tulle, qui ont regardé ailleurs ou même ont donné leur go pour François Hollande à Tulle. C'est compliqué après ça de jouer les chevaliers blancs anti LFI. Et pourtant ils le font depuis dimanche avec une sorte de mini putsch mardi soir en bureau national pour mettre Faure en minorité. Ça a marché mais on ne voit pas comment ils pourraient aller plus loin.

En revanche ce qui va passer par-dessus bord c'est la fameuse primaire prévue pour octobre. Résultat de ce cinéma épuisant, fatigant, personne n'a raison, tout le monde a tort. On ne parle que des villes perdues, des socialistes qui se déchirent à nouveau sans vraiment régler la seule question qui compte, couper définitivement le cordon avec les Insoumis ou pas. »

"Il y a trop de chefs"

Et à droite ce n'est pas mieux. 

« Le bureau national des Républicains a tourné au fiasco avec un Bruno Retailleau, chef de parti implacable dans sa logique de présidentiel. Il a voulu imposer une méthode de désignation du candidat. Résultat, Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand qui ont séché ce bureau politique et David Lisnard, lui, le maire de Cannes, très charismatique, il faut quand même le dire, et bien lui il claque carrément la porte des Républicains à 13 mois de la présidentielle, évidemment pour son chemin personnel. 

Mais on peut comprendre David Lisnard quand vous avez un patron de parti qui veut imposer des règles qui à la fin lui servent. Là encore, comme à gauche d'ailleurs, il y a trop de chefs et pas assez d'indiens, trop de candidats, pas assez d’espace. La crise est réelle, profonde, car comme à gauche, comment vont-ils se mettre d'accord ? Et comme à gauche, les Républicains sont sous la pression ricanante, ironique, agressive de leurs deux extrêmes. LFI pour le PS et les Verts, qui sont les grands brûlés de ces municipales, c'est un naufrage total, et le RN pour la droite républicaine : couper le cordon ou pas ? Là aussi c'est un véritable sujet pour la présidentielle. »

"Tout est incantation, égo et stratégie miteuse"

C'est le poison de la présidentielle. 

« Oui, c'est tellement violent que gagner des villes comme Paris, Marseille pour la gauche ou Toulouse pour la droite passe totalement à la trappe à cause de cette élection qui modèle tout et tord aussi les comportements politiques.

Et est-ce que vous voyez la queue d'une idée ? Non, rien qui percute vraiment à gauche à part les éternelles propositions sociales. Rien qui percute à droite à part toujours le même discours : « moins d'impôts, moins de charges ». Tout est incantation, égo et stratégie, un peu miteuse.  Ne pas s'étonner donc de l'abstention record : 43% pour ces municipales. Et de l'envol des partis radicaux à gauche comme à droite. Faut se réveiller ! »

Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

L'info en continu
09H
08H
06H
04H
00H
23H
22H
21H
Revenir
au direct

À Suivre
/