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L’opinion de d’Eric Revel : « Que la Cour des Comptes impose des réformes à l’État ! »

OPINION SUD RADIO – Alors que la Cour des Comptes alerte sur le coût croissant des tarifs sociaux, Eric Revel questionne la pertinence de ces dispositifs dans un contexte de tension budgétaire.

L’opinion de d’Eric Revel : « Que la Cour des comptes impose des réformes à l’État »
JULIEN DE ROSA - AFP/Archives

Drôle d’époque, Eric Revel, vous vous êtes interrogé une partie de la nuit sur ce rapport de la Cour des Comptes qui tire la sonnette d'alarme sur les fameux tarifs sociaux.

« Les tarifs sociaux visés par la Cour des Comptes, ce sont toutes ces réductions de prix, des tarifs réduits, qui sont accordés à certaines catégories d'usagers dans les services publics afin de favoriser l'accès aux plus modestes, aux plus vulnérables financièrement. Alors ces dispositifs visent à lutter contre l'exclusion, mais évidemment ils ont un coût pour la collectivité. 

Alors c'est quoi, très concrètement, ces tarifs sociaux ? Ce sont, par exemple, des tarifs réduits dans les transports collectifs. C'est les réductions qui sont données aux seniors, aux jeunes, aux bénéficiaires de minima sociaux. Ce sont aussi des tarifs préférentiels dans les services publics locaux, comme l'eau, l'assainissement, les cantines scolaires. Puis historiquement, bien sûr, c'est l'énergie avec le fameux chèque énergie. »

"Ces tarifs sociaux répondent à des logiques de statut, pas de ressources"

Quels sont les reproches qui sont réalisés par la Cour des Comptes ? 

« Alors, je vous le disais, ces tarifs sociaux bénéficient à des catégories, des statuts, des seniors, des jeunes en difficulté, des bénéficiaires de minima sociaux. La Cour des Comptes dit, c'est bien beau tout ça, mais ces tarifs sociaux répondent à des logiques de statut, mais pas de ressources.

C'est-à-dire que la Cour des Comptes préférerait que, pour être aidée, on regarde le niveau réel de revenu des gens, plutôt que leur statut. Pourquoi ? Parce que vous avez des retraités aisés qui peuvent bénéficier de tarifs seniors dans les transports publics, alors qu'ils auraient les moyens. Et puis ça a évidemment un coût élevé et des effets pervers. Les réductions tarifaires augmentent la fréquentation des transports en commun, par exemple. 

"Ça exclurait les gens qui en auraient le plus besoin"

Et surtout, la Cour des Comptes dit : « Mais attendez, d'après les informations que vous nous donnez globalement sur tous ces tarifs sociaux, l'obligation légale que ces tarifs bénéficient à au moins 50% des gens pour 10% des ménages les plus modestes, n'est pas communiquée ». Pourquoi ? Parce que vous avez des gens qui auraient les ressources pour ne pas en bénéficier, mais qui en bénéficient. Et du coup, ça exclurait les gens qui en auraient le plus besoin. 

La Cour des Comptes appelle explicitement les collectivités territoriales à serrer la vis sur les tarifications sociales pour maîtriser les dépenses locales. Alors c'est vrai, je le dis souvent à ce micro, les finances publiques, les finances locales sont dans le rouge vif. Mais demandez aux bénéficiaires de se serrer la ceinture, alors que les prix du carburant se sont envolés, par exemple. 

"L'inflation généralisée menace d'étrangler le pouvoir d'achat des plus fragiles"

Même si le gouvernement réfléchit au plafonnement des prix des carburants, et même si, on le voit bien, l'inflation généralisée menace d'étrangler le pouvoir d'achat des plus fragiles et des classes moyennes, qui ne s'en sortent plus le 15 du mois. Bon, oui, la Cour des Comptes regarde les chiffres, mais pardon, c'est donner la priorité aux chiffres, face à la politique, et notamment à la politique sociale. Que la Cour des Comptes impose des réformes d'ampleur à l'État, ça serait déjà pas mal, et les vaches seraient bien mieux gardées. »

Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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