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L’opinion d’Arlette Chabot : "Pour Lecornu c'est la fin de la méthode du compromis"

OPINION SUD RADIO – Arlette Chabot est revenue sur l’adoption du projet de loi de finances 2026, qui ne devrait pas s’effectuer par un vote par un recours au 49-3 ou aux ordonnances.

L’opinion d’Arlette Chabot : « Pour Lecornu c'est la fin de la méthode du compromis »
Thomas SAMSON - AFP/Archives

Quelle drôle d'époque avec vous Arlette Chabot. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait savoir qu'il renonçait à obtenir un vote sur le budget. 

« Alors ce n'est pas une surprise. Pourquoi ? Parce que le projet de loi de finances définit l'appartenance des députés à la majorité ou à l'opposition. Donc les socialistes, par exemple, interlocuteurs privilégiés du Premier ministre, ont dit depuis le début, et on le savait, que jamais ils ne pourraient voter pour ce projet de loi de finances. Au mieux le Premier ministre pouvait espérer une abstention.

"Lecornu a vu les limites du compromis"

Il faut rappeler par exemple que sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, les socialistes avaient fini par le voter. Pour sauver la suspension de la réforme des retraites. Là, c'était absolument impossible. Impossible pratiquement aussi de trouver un accord avec Les Républicains, par exemple, qui réclament aujourd'hui l'absence totale de hausse de fiscalité.

S'il y avait une hausse d'impôts, ils ne soutiendraient pas. C'était une menace effectivement ce budget. Donc vous l'avez dit, c'est la fin en quelque sorte de la méthode du compromis, qui est la noblesse du débat démocratique, disait Sébastien Lecornu. Je pense qu'il le pense toujours, mais il a vu les limites avec. 

"Le RN et LFI n'ont qu'une envie : la censure"

Il montre du doigt encore une fois, le Rassemblement national et la France insoumise, qui eux n'ont qu'une envie : la censure. Donc il y a deux voies possibles. Le fameux 49-3 que le Premier ministre avait promis de ne jamais utiliser, mais nécessité fait loi, d'autant qu'il peut imaginer, trouver, sur un texte que présenterait le gouvernement, de quoi satisfaire quand même les socialistes, et donc toute perspective de compromis n'est pas à exclure. Ce qui éviterait que les socialistes votent la motion de censure. 

Il y a assez d'éléments de satisfaction pour qu'effectivement les socialistes ne votent pas une motion de censure. Et puis deuxième hypothèse, celle des ordonnances. Alors là on rentre dans l’inconnu. Jamais utilisée depuis la Ve République. C’est-à-dire que le gouvernement dépose son texte, quoi qu'il arrive et il est appliqué. Mais là, le parti socialiste dénonce le coup de force, et tout le monde pourrait voter une motion de censure. »

"Il n'y aura peut-être plus de gouvernement Lecornu"

Du côté de l'Elysée, ça semble être la voix qui récolte le plus de faveurs, en tout cas de la part du Président de la République. 

« Oui, le Président de la République qui pense, et même inciterait le Premier ministre à utiliser le recours aux ordonnances. Pourquoi ? Parce que ça va assez vite. Le gouvernement est assuré de la mise en place de son texte, de son projet de budget. Le Président de la République, on l'a compris hier, est particulièrement pressé en raison de l'augmentation décidée du budget de la Défense. 

En revanche, il n'y aura peut-être plus de gouvernement, Lecornu, si c'est cette voix du recours aux ordonnances qui est choisie, avec une question. Si le gouvernement est renversé, qu’en sera-t-il du Président de la République. »

Retrouvez Drôle d'époque dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger

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