DECRYPTAGE SUD RADIO - Alors que la suppression des Zones à Faibles Émissions (ZFE) avait été validée par les parlementaires en janvier 2026, un nouvel amendement pourrait permettre leur retour… mais sous une autre forme. Une situation dénoncée par Alexandra Legendre, de la Ligue de Défense des Conducteurs, qui alerte sur une mesure « inefficace, antisociale et profondément impopulaire
Le 21 janvier 2026, la suppression des ZFE avait été approuvée par le Parlement, marquant un tournant dans la politique de circulation automobile en France. Mais selon Alexandra Legendre, Responsable du pôle études et communication de la Ligue de Défense des Conducteurs, invitée d'On parle auto ce samedi matin sur Sud Radio, cette victoire pourrait être de courte durée.
« Le processus législatif a suivi son cours de manière tout à fait démocratique », rappelle-t-elle. Pourtant, un nouvel amendement gouvernemental pourrait changer la donne en permettant aux collectivités locales de décider elles-mêmes du maintien ou non des ZFE. Une stratégie comparée à un « procédé régulier » : « Ça consiste à refiler la patate chaude d’une mesure nationale aux collectivités locales. »
🚗 Le gouvernement veut "ressusciter" les ZFE ! #OnParleAuto
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ZFE inefficaces et injustes : des critiques persistantes
Depuis leur création, les ZFE sont vivement contestées. Alexandra Legendre n’hésite pas à qualifier le dispositif de « mal né ». En cause notamment : le système des vignettes Crit’Air, basé sur l’année de commercialisation des véhicules.
« Les vignettes dépendent de l’année et pas du niveau réel de pollution. C’est complètement idiot », affirme-t-elle. Elle souligne également que plusieurs scandales, comme le "diesel gate", ont démontré que les émissions réelles ne correspondent pas toujours aux normes affichées.
Pour elle, les ZFE sont « inefficaces en termes de lutte contre la pollution », d’autant que « la pollution automobile a déjà baissé avec le renouvellement naturel du parc ».
Une mesure qui engendre "une France à deux vitesses"
Au-delà de l’écologie, c’est l’impact social des ZFE qui inquiète. Alexandra Legendre dénonce une mesure qui « va créer une France à deux vitesses ».
D’un côté, les automobilistes pouvant s’offrir des véhicules récents compatibles. De l’autre, ceux qui roulent avec des voitures plus anciennes mais bien entretenues, et qui risquent d’être exclus des centres urbains. « Ce sont des véhicules qui marchent très bien, mais que leurs propriétaires n’ont pas les moyens de remplacer », insiste-t-elle.
Dans un contexte d’inflation et de hausse du coût des carburants, la mesure apparaît d’autant plus difficile à accepter pour une large partie de la population.
Vers une explosion des verbalisations ?
Autre crainte : le renforcement des contrôles. Si les collectivités reprennent la main, des dispositifs automatisés pourraient se généraliser. « Vous pourriez prendre 68 euros, plus 68 euros, plus 68 euros… Il va falloir se renseigner dès qu'on fait un kilomètre si on va prendre un PV ou pas...», alerte la spécialiste. Caméras, voitures équipées de lecture de plaques : les technologies existent déjà pour industrialiser les sanctions.
🚗 L'Etat veut le retour des ZFE ! #OnParleAuto
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Aujourd’hui, les verbalisations concernent surtout l’absence de vignette Crit’Air. Mais demain, elles pourraient viser directement l’accès aux zones selon le véhicule.
Mobilisation citoyenne et tension politique
Face à cette possible réintroduction des ZFE, la mobilisation s’organise. Une pétition lancée par la Ligue de Défense des Conducteurs a déjà recueilli près de 100 000 signatures en deux semaines.
« Il y a une vraie mobilisation. Entendez les Français », insiste Alexandra Legendre, qui appelle les députés à ne pas « laisser passer cette machination ». Alors que le vote de l’amendement approche (le 14 avril prochain, ndlr) le sujet s’annonce explosif, tant sur le plan politique que social. Entre impératifs environnementaux et acceptabilité citoyenne, le retour des ZFE pourrait bien raviver de fortes tensions.