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Incendies en Gironde : "Après le désastre écologique, on va avoir un désastre économique !"

ENTRETIEN SUD RADIO - Alors que les incendies qui ont frappé la Gironde ont laissé derrière eux des milliers d'hectares ravagés, des habitants évacués et un lourd bilan écologique, un autre front d'inquiétude se dessine : celui de l'économie locale.

Incendies en Gironde : "Après le désastre écologique, on va avoir un désastre économique !"

Derrière les images des flammes et la mobilisation exceptionnelle des pompiers, de nombreuses entreprises se retrouvent aujourd'hui à l'arrêt, sans visibilité sur leur avenir. C'est le cas de Laurent, patron d'une agence de voyages installée sur une commune évacuée, qui appelle le gouvernement à agir rapidement.

"Il faut monter sur la table et puis défendre vraiment les entreprises"

"Je suis patron d'une agence de voyages sur une commune qui a été évacuée. J'ai un chiffre à zéro, voire même négatif, puisque j'ai des clients qui me réclament un remboursement. J'interviens aussi parce que je suis membre d'une organisation qui s'appelle Les Entreprises du Voyage, sur laquelle on défend un petit peu notre profession. Et aujourd'hui, j'ai un appel - je vais interpeller le ministre du Tourisme, parce qu'il a dit publiquement qu'il fallait revenir en vacances en Gironde, que c'était bon etc. Mais ça ne suffit pas, Monsieur le Ministre. Il faut monter sur la table et puis défendre vraiment ces entreprises. Parce que même si on a de grosses pensées pour les pompiers, les gens qui ont tout perdu… mais après le le désastre écologique, on va avoir un désastre économique !", a déclaré Laurent au micro de Sud Radio.

Au-delà du constat, Laurent formule plusieurs demandes concrètes afin d'éviter que les difficultés temporaires ne se transforment en faillites. "Je porte trois revendications. Il y a le chômage partiel, qui est déjà en place. Mais il va falloir augmenter un petit peu au-delà du légal. On demande aussi des facilités de trésorerie. Il faut que le gouvernement permette aux entreprises qui vont avoir des difficultés de trésorerie à venir de pouvoir accéder à des prêts bancaires, faciliter l'accès à ces prêts bancaires pour pouvoir passer le cap, et puis avancer."

"Si vous êtes une entreprise qui est empêchée de travailler, parce que sur une zone évacuée, votre perte d'exploitation, elle ne marche pas"

Pour Laurent, l'un des principaux angles morts concerne les assurances. De nombreuses entreprises n'ont pas subi de dégâts matériels, mais sont dans l'impossibilité d'exercer leur activité en raison des évacuations ou de la chute de la fréquentation touristique. Or, dans ces situations, les garanties de perte d'exploitation ne s'appliquent généralement pas.

"Si votre entreprise a été brûlée, vous pouvez avoir une indemnisation de perte d'exploitation. Mais si, comme moi, vous êtes une entreprise qui est empêchée de travailler, parce que sur une zone évacuée, votre perte d'exploitation, elle ne marche pas, parce que vous avez pas été brûlé. C'est pour ça que, le ministre, au-delà des belles paroles 'il faut revenir en vacances en Gironde', il va falloir qu'il monte sur la table et qu'il exige des assureurs qu'ils fassent cette prise en charge de la perte d'exploitation que subissent les entreprises. Ça c'est hyper important, quoi", a déclaré Laurent à l'antenne de Sud Radio.

"Il faut que le ministre du Tourisme mette une saine pression sur les assureurs"

Selon Laurent, les compagnies d'assurance attendent un signal commun avant de faire évoluer leur position. "En fait, ils sont tous sur le guet. Un assureur m'a dit : 'dès qu'il y en a un qui va ouvrir la porte, on va tous s'engouffrer dedans, parce que sinon on va perdre tous nos clients'. Donc, il en faut un qui dise 'OK' pour que tout le monde s'engouffre. Et ça, c'est au ministre à forcer. Et il faut qu'il mette une saine pression sur les assureurs pour qu'on sauve les entreprises en Gironde. Ça, c'est essentiel", a-t-il lancé au micro de Sud Radio.

Alors que les opérations de lutte contre les incendies ont mobilisé d'importants moyens et suscité un vaste élan de solidarité, les professionnels du tourisme estiment que la reconstruction économique ne pourra pas reposer sur les seules déclarations encourageant les vacanciers à revenir en Gironde. Ils attendent désormais des mesures d'urgence pour préserver le tissu économique local et permettre aux entreprises les plus fragilisées de traverser cette crise exceptionnelle.

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