Fast fashion : la frénésie s'essouffle
Longtemps reine des paniers virtuels, l’ultra fast fashion marque un vrai coup de mou, comme le révèle Le Baromètre Digital & Payments de BPCE L’Observatoire, fondé sur l’analyse anonymisée de plus de 20 millions de cartes bancaires. Après des années de croissance fulgurante, l’ultra fast fashion marque un net ralentissement. Les dépenses dans ce secteur ont reculé de 2 % en 2025, les achats impulsifs se raréfient et les consommateurs semblent lever le pied : un signal fort dans un univers où les hausses à deux chiffres étaient devenues la norme
Ce tassement s’explique par plusieurs facteurs :
- Prise de conscience écologique : les consommateurs, notamment les jeunes, arbitrent davantage.
- Des budgets plus serrés : dans un contexte d’inflation encore sensible, les achats semblent être davantage rationnalisés.
- Montée du seconde main : les plateformes d’occasion captent une part croissante des dépenses avec une envie de consommer “mieux”, même sans consommer “cher”
La fast fashion n’a pas disparu, mais elle n’est plus l’évidence qu’elle était. En 2025, acheter un t shirt à 4 € n’est plus un geste automatique. Le baromètre montre ainsi une France qui ne renonce pas à se faire plaisir, mais qui le fait autrement.
Fast food : un appétit qui ne faiblit pas
Si la fast fashion ralentit, la restauration rapide, elle, continue de prospérer. Mieux, elle continue de cartonner. Les paiements montrent en effet une fréquence élevée, presque rituelle, des passages en fast food. Le baromètre souligne que les Français fréquentent massivement les fast foods, un poste de dépense devenu quasi structurel dans leur quotidien.
Pourquoi ça marche toujours autant ? Même si le rapport ne donne pas de pourcentage précis dans les extraits disponibles, les tendances observées dans les paiements montrent une forte récurrence des transactions dans ce secteur, portée par des prix accessibles, la rapidité du service, l’essor du paiement mobile désormais utilisé pour 1 transaction sur 5, le click 1 collect ou encore une offre ultra standardisée, simple, efficace et rassurante.
Au pays de la gastronomie, le fast food s'impose donc comme le “petit plaisir” abordable, le repas sans prise de tête, le carburant d’une France pressée : une logique de consommation pratique, immédiate, compatible avec des rythmes de vie accélérés.
Le boom du paiement mobile et du e commerce
Le baromètre 2025 confirme une nette bascule durable vers le digital. Le geste est devenu naturel, presque invisible. Et il accompagne la montée d’un e commerce qui pèse désormais 30 % des dépenses. Par ailleurs, le paiement mobile via smartphone a triplé depuis 2022, pour atteindre 1 paiement sur 5. Cette mutation technologique accompagne les nouvelles habitudes : achats plus fréquents, plus fractionnés, plus impulsifs… mais aussi plus contrôlés grâce à la visibilité instantanée sur les dépenses.
Cette photographie 2025 du Baromètre Digital & Payments 2025 de BPCE L’Observatoire révèle une société en transition, où chaque euro compte mais où le besoin de se faire plaisir reste intact.