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Françoise Degois : « Le pape Léon XIV a littéralement conquis la France »

OPINION - Alors que Léon XIV achève sa visite en France, Françoise Degois revient sur l’engouement suscité par le pape et sur la portée politique de son déplacement. De Lourdes à Metz, l’éditorialiste souligne ses prises de position sur l’immigration, la fin de vie, l’Europe et l’intelligence artificielle.

Françoise Degois, drôle d'époque et cette papamania en France, vous le dites vous aussi, elle est très politique. 

« Oui alors d'abord ce pape Léon XIV, il nous fait du bien avec ce petit sourire de joconde. Cette bonhomie, cette simplicité, une forme de réserve. Il a littéralement conquis la France avec des chiffres fous à Paris. Plus d'un million de personnes l'auront vu ou l'auront salué sur son passage. Je parle même pas du moment intense des jeunesses, au Stade de France.

"Une soirée au flambeau qui nous donne des frissons"

Et puis ce moment plus religieux, plus intime, mais tout aussi délirant. Chez moi à Lourdes, je la connais tellement bien cette grotte. Avec une autre pensée, c'était plutôt un pèlerin parmi les pèlerins. Et je vous rappelle quand même que Lourdes, c'est 13 000 habitants, 6 millions de pèlerins. Et là, c'était la marée humaine avec cette soirée au flambeau qui nous donne des frissons.

C'était plutôt un moment de croyance. En fait, Léon XIV a fait du bien à notre pays anxieux, secoué par l'épidémie d'incendie de tangence, une grave crise sociale. En fait, Léon XIV nous a redonné le sourire, peut-être son sourire. »

"Ce pape-là est tout aussi politique que le précédent"

Mais derrière la prière, la politique n'est jamais très loin. 

« Mais non, parce que derrière son sourire et sa retenue, ce pape-là, il est tout aussi politique que le précédent. Vous savez, moi j'étais fan de Papa Francesco, je dis ça alors que je ne suis pas croyante du tout.

Mais j'étais fan politiquement de Papa Francesco, avec cette doctrine sociale de l'église qu'il porte Léon XIV bien sûr. Puisqu'il s'inscrit dans les pas de Léon XIII et c'est pour ça qu'il s'appelle Léon. Un discours fort sur les injustices, les discriminations, les migrants, l'art de gouverner avec sagesse.

"Le Pen et Bardella ont dû avoir les oreilles qui sifflent"

Et d'ailleurs, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont dû avoir les oreilles qui sifflent quand Léon XIV, puisqu'il est à l'opposé de leur conception sur l'immigration et le fait qu'il faut parler à l'autre et l'intégrer à l'opposé également sur une société ouverte et sans discrimination. 

Mais, mais, c'est un pape aussi extrêmement tranché, il est ferme. C'est vrai que notre ami Samuel disait, il ne parle pas beaucoup, mais dites donc quand il parle, ça s’entend. Par exemple, dès son discours à l'Elysée, à l'arrivée, il est très clair sur la loi de fin de vie. Et lors de son homélie à Lourdes, je me suis dit, bon, il a fait la morale à Emmanuel Macron, qui a souri, il ne va pas remettre ça. Et bien bim, à Lourdes, l'homélie, paf. 

Ainsi vont les papes, il faut quand même le dire, on ne va pas être étonné : de gauche sur le plan social, ça me fait très plaisir, et très conservateur sur le plan sociétal. »

"La France reste, pour toujours, la fille aînée de l’Église"

Et il termine sa visite à Metz par de la politique encore. 

« Ah bah oui, il a choisi Metz, carrefour des guerres et symbole de la paix de l'Europe, et puis patrie de Robert Schuman. Il parlera d'Europe avec un message : « Europe, réveille-toi, réveille-toi ». Et vous vous rendez compte que c'est un Américain qui nous le dit. Un Américain qui prend billes en tête, Donald Trump, depuis son élection.

C'est très puissant, comme il est très puissant de sa première encyclique sur l'intelligence artificielle. En tant que femme de gauche, tout le monde sait très bien que je suis une éditorialiste de gauche. Je ne peux que signer du début jusqu'à la fin, avec cette phrase magnifique qu'il a redite en France : « Nous ne devons pas céder au paradis des machines ». Cette expression du grand Georges Bernanos. 

Alors cette visite est un triomphe, parce que ce pape parle aux gens de leur vie, et aborde aussi les grands défis de l’humanité. Et même si beaucoup des gens qui l'ont acclamé sur son parcours ne sont pas croyants, ce qui est tout à fait mon cas, eh bien, mon cher ami, on peut se le dire, la France reste, quand même et pour toujours, la fille aînée de l’Église. »

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