C’est une déflagration dans le milieu de l’édition : Olivier Nora, le patron historique de la maison Grasset a été démis de ses fonctions par Vincent Bolloré. En exclusivité pour Sud Radio, l'écrivain Erik Orsenna était l'invité de "La France dans tous ses états" et n'a pas caché son inquiétude au micro de Périco Légasse. Morceaux choisis
"On a bien vu tous les auteurs qui avaient signé après cette prise de pouvoir par Bolloré : c'est Philippe de Villiers, c'est Zemmour, c'est Bardella"
Erik Orsena "Bien sûr, je suis inquiet. Je suis inquiet parce que ce n'est pas la première fois. Vous savez, j'ai été édité pendant 30 ans dans une maison qui s'appelle Fayard. Sophie de Closets a été virée et c'est en même temps la liberté chez Fayard qui a été virée. Parce qu'on a bien vu tous les auteurs qui avaient signé après cette prise de pouvoir par Bolloré. C'est Philippe de Villiers, c'est Zemmour, c'est Bardella"
"Il est viré parce qu'il voulait rester indépendant"
"Donc pour moi, c'est la liberté qui est en cause dans cette affaire. Parce que Olivier, que je connais depuis toujours, qui est un très très grand éditeur, c'est-à-dire un homme généreux. Et puis là, brutalement, il est viré parce qu'il voulait rester indépendant. Et l'enjeu de cette affaire, c'est les maisons d'édition, c'est-à-dire d'accueillir les points de vue les plus divers, mais aussi les modes de promotion. Parce que depuis que j'ai écrit un petit livre, « L'histoire d'un ogre » en racontant l'histoire de Bolloré, et bien évidemment, je ne suis plus accueilli dans tous les organes de presse du groupe Bolloré"
"Tous les dictateurs ont toujours détesté les livres"
"Moi je dirais que c'est un projet politique, c'est un projet, et quand on voit les auteurs de Fayard, c'est un projet qu'on peut qualifier d'extrême droite. Et on voit tous les auteurs de Grasset qui sont dans une situation à la fois de révolte, et puis d'angoisse pour la suite, dans un climat du livre qui décline. Et quand le livre décline, c'est pas bon pour la liberté, parce que tous les dictateurs ont toujours détesté les livres"
"Une très très mauvaise nouvelle pour la liberté dans notre pays"
"Le livre, c'est l'endroit de la liberté. Et quand dans la civilisation même du livre, on impose une ligne, et bien voilà, c'est la liberté qui est en péril. Donc cette nouvelle d'hier est une très très mauvaise nouvelle pour la liberté dans notre pays. Pour moi c'est la liberté qui est en cause, la liberté est inséparable de la diversité. C'est une des actions qui va lancer vraiment la présidentielle à venir"
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