Quel est le problème avec l'agriculture française aujourd'hui ?
"Je pense que le problème global est un problème de production. On ne produit plus assez en France. On laisse faire, on laisse mourir tous les troupeaux. Et dans ce cadre-là, tout est catastrophique. Je pense. Le Mercosur, on pourrait discuter, mais c'est catastrophique dans le contexte actuel.
Les abattages de troupeaux, on pourrait discuter, il y a des vétérinaires qui sont pour et des vétérinaires qui sont contre. Mais c'est catastrophique parce qu'on se dit qu’il n'y aura plus de troupeaux."
"L'agriculture française est condamnée à mort"
Et pourquoi le gouvernement ne nous écoute pas ? On leur a amené des solutions.
"Je pense qu'ils ont une idéologie qui fait qu'ils se disent que : « C'est pas grave, qu’on va importer des produits. On s'en fout, l'agriculture française est condamnée à mort ». Je pense malheureusement que c'est ça leur idéologie.
Donc c'est pour ça qu'il faut se battre et qu'il ne faut pas disparaître. C'est vous, la coordination rurale, qui m'avez convaincu sur l'exception agriculturelle. Je n'étais pas sur cette ligne au départ mais je pense que c'est vous qui avez raison."
"Un peuple qui a faim est soumis"
"Maintenant, il faut globalement se protéger. Evidemment dans le cadre d'un grand marché européen parce que sinon on ne pourra pas exporter, on ne pourra rien faire. Ce qui ne veut pas dire ne pas vendre d'ailleurs."
Exporter c'est bien mais il faut déjà nourrir son peuple. Un peuple qui a faim, vous savez où il va.
"On est bien d’accord. Un peuple qui a faim est soumis à celui qui vend les produits. Il n'aura pas faim. On importera des produits de merde. C'est exactement ce que je pense."
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😡 Pierre-Guillaume Mercadal (@CochonsLaineux) :"Si on perd la bataille, on va foutre le feu chez nous" #AgriculteursEnColère pic.twitter.com/MOvLNF3Qsg
"L'élevage et l'agriculture suivent le chemin de l'industrie"
Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement pour aider les agriculteurs ?
"Je vous dis, il faut une politique globale. Il faut produire de nouveau. Donc il faut les aider à produire. Il faut modifier cette PAC. Il faut remettre la production au cœur du projet de la PAC. C'est ça la politique que devrait suivre le gouvernement français. Il faut baisser les normes, il faut baisser les charges.
Mais ce n'est bien pas qu'eux, c'est toute la France. L'élevage et l'agriculture suivent le chemin de l'industrie. Quand j'étais jeune, on nous disait, on a une industrie très puissante, 20% du PIB représenté par l’industrie. On n'a plus que 10%."
"On est battu en Europe par les Allemands et les Hollandais. C'est délirant"
"On nous apprenait qu'on était le deuxième exportateur mondial de produits agricoles. Il y avait les États-Unis et après, la France. Aujourd'hui, on est battu en Europe par les Allemands, les Hollandais. C'est délirant. Donc, je crois que le problème de fond, c'est qu'on a abandonné la production. Il faut de nouveau produire. Il faut d'abord nourrir notre peuple, nourrir l'Europe. Vous savez que c'est là-dessus qu'a été fondée l'Europe.
On oublie l'accord entre le général de Gaulle et le chancelier allemand de l'époque, Adenauer. C'était, « vous nous achetez les produits de notre agriculture et nous, on ouvre notre marché aux voitures allemandes ». C'était ça l'accord de base"
"On ne peut rien faire parce qu'on est tout seul"
Mais le Mercosur, dans tous les cas, il va être ratifié lundi. On ne peut rien faire.
"Mais évidemment, on est tout seul. On ne peut rien faire parce qu'on est tout seul. Le gouvernement français n'a pas réussi à avoir des alliés solides. Et les Italiens, comme d'habitude, nous ont lâché au dernier moment. Mais parce que les gouvernements d'Emmanuel Macron n'ont pas réussi à avoir des alliés, c'est lamentable. C'est leur responsabilité."
"Mais parce que depuis le début, ils n'ont pas vraiment envie de se battre contre le Mercosur. Parce qu'il y a des intérêts globaux, parce qu'il y a certains agriculteurs, qui ont intérêt au Mercosur et les grands groupes aussi. D'où la situation un peu gênante du patron de la FNSEA, qui est à la fois le patron d'un grand groupe qui va importer des produits du Brésil et qui est en même temps le défenseur des agriculteurs qui sont furieux contre le Mercosur. C’est compliqué, pour le moins. Donc il faut un changement radical de philosophie. Ça a l'air bête, mais je crois que c'est ça le sujet."