À Baulou, en Ariège, Christelle Record s’est imposée comme une référence de l’élevage bio. Pourtant, aujourd’hui, son exploitation est à l’arrêt. La raison : son refus de vacciner son cheptel contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Pour rappel, le vaccin a été rendu obligatoire par les autorités dans toute l’Occitanie.
« Je ne suis pas du tout antivax »
L’éleveuse assume son choix, qu’elle estime cohérent avec son modèle agricole car « une immunité naturelle a été conçue depuis une dizaine d’années », explique-t-elle au micro de Sud Radio. « Je suis vraiment plus bio que bio. Et mes animaux ont acquis une immunité naturelle depuis sept ans exactement où je n'interviens plus auprès d'un animal pour le soigner. Alors on me classe dans les antivax, mais je ne le suis pas du tout ». Une distinction importante, selon elle, pour dépasser les caricatures du débat.
Une obligation sanitaire au nom de l’intérêt collectif
Du côté des institutions agricoles, la vaccination reste considérée comme indispensable. Philippe Lacube, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège, insiste sur les conséquences collectives d’un refus individuel : « Je respecte beaucoup les choix de chacun. Mais ce choix-là a une répercussion sur le collectif », explique-t-il.
Il alerte notamment sur les risques pour l’ensemble de la filière. « Admettons que le 15 avril, on ait un cas. En 45 jours jusqu'à la fin du mois de mai, les gens ne pourront ni transumer, ni se déplacer. Les conséquences pour le territoire seraient extrêmement graves », selon lui.
« Il ne peut pas y avoir d’exception »
Face à cette situation, le préfet de l’Ariège, Hervé Brabant, a tranché et rappelle le cadre légal qui encadre la campagne sanitaire : « La vaccination est une obligation légale, européenne et nationale. » Malgré la prise en compte du modèle spécifique de l’éleveuse, « il ne peut pas y avoir d’exception ».
L’objectif affiché est clair : contenir tout risque de propagation. « Une seule vache non vaccinée pourrait avoir des conséquences énormes : blocage de l’estive, perturbation de 73 000 animaux, mise à l’arrêt de toute la filière », alerte le préfet. Pour répondre aux inquiétudes, il ajoute enfin que le vaccin utilisé « n’est ni expérimental ni à ARN messager ».