Championne olympique de planche à voile à Rio en 2016 puis médaillée d'argent en 2021 et de bronze enfin à Paris 2024 en 49er FX, l'immense Charline Picon - qui avait tout gagné par ailleurs (1 titre de championne du monde et 5 d'Europe) - a décidé de prendre sa retraite sportive en septembre dernier.
Déjà kinésithérapeute du temps sa carrière, Charline Picon a définitivement mis le cap sur ses autres projets de reconversion suite à un naufrage cet automne avec sa fille et son mari, à l'occasion d'un tour du monde en bateau. Une épreuve difficile qui lui donné le déclic : celui de donner un nouveau sens à son parcours, en s’appuyant sur l’expérience accumulée au plus haut niveau.
C'est donc décidé, l’ancienne championne veut désormais d'abord et avant tout transmettre : « Quand j'ai un projet qui me tient à cœur et dans lequel je vibre, j'ai une énergie qui me permet d'embarquer du monde », souligne-t-elle au micro de Sud Radio.
« J'ai beaucoup de casquettes »
Forte de ses années de pratique au très haut niveau, l'ex-véliplanchiste souhaite proposer un accompagnement global avec son entreprise Peak Performance, mêlant préparation physique et mentale : « J'ai beaucoup de casquettes entre la variabilité cardiaque, le côté physiologique, la préparation physique et maintenant le côté mental ». Une approche qu’elle veut accessible et concrète : « J'espère trouver une voie un peu différente et proposer quelque chose d'un peu plus pratique ».
Mais Charline ne souhaite pas faire comme les autres coachs ni donner des leçons universelles. Sa philosophie est plus inclusive, plus personnelle : « On a tous en nous nos propres ressources et le travail de l'accompagnement et du coaching, c'est de faciliter un peu le cheminement et l'exploration de ces ressources-là ».
« Je livre ma vulnérabilité et ce n'est pas un problème »
Dans cette démarche, l’authenticité occupe une place centrale. Loin de l’image du sportif invulnérable, elle revendique une parole plus sincère sur les fragilités du haut niveau. Elle explique : « Je pense que mon authenticité fait que je suis très à l'aise pour me dévoiler. (…) Je livre ma vulnérabilité et ce n'est pas un problème ». Une vision qu’elle souhaite également développer à travers des projets créatifs, notamment un film en préparation : « On est sur un projet documentaire qui retrace ma carrière et justement l'accompagnement mental que j'ai eu. (…) C’est assez profond et assez intime ».