La vague de chaleur qui a frappé la France du 17 juin au 2 juillet a entraîné une surmortalité record depuis 2003. Et ce compris chez des jeunes, même si les deux tiers ont concerné des personnes âgées, selon un bilan provisoire.
"La canicule aggrave une pathologie"
Ainsi, 5764 décès excédentaires ont été enregistrés lors de cet épisode de chaleurs extrêmes, pour moitié en trois jours du 25 au 27 juin, a indiqué hier l'agence Santé publique France. Ce bond de la mortalité a été constaté pour "toutes les classes d'âge à partir de 15 ans", avec une "augmentation marquée dès 45 ans", ce que les experts jugent "inédit".
"Les admissions aux urgences ont augmenté, même si cela a rapidement été pris en charge grâce aux plans blancs qui ont permis d’ouvrir des lits, explique le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, au micro de Benjamin Glaise sur l'antenne de Sud Radio. Ce sont surtout des personnes âgées, qui étaient déshydratées et aggravaient une pathologie sous-jacente. La caractéristique de la canicule est qu’on meurt d’un effet sur le cœur, les poumons, les reins."
❌ « On n’a rien compris à la canicule de 2003 ! »
🗣️ Gérald Kierzek (@gkierzek), médecin urgentiste et directeur médical de @doctissimo : « Ce n’est pas normal d’avoir 4 000 morts parce que les gens crèvent de chaud chez eux »
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— Sud Radio (@SudRadio) July 23, 2026
"Depuis 2003, trois choses se sont aggravées"
"Voilà pourquoi les plus fragiles sont touchés. Même s’il y a eu de jeunes victimes de coups de chaleur. Mais pas jusqu’au décès car l’organisme peut compenser." Comment affirmer qu’une personne est morte du fait de la canicule ? "Toute la difficulté est comment sont répertoriés les décès, résume le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, sur l'antenne de Sud Radio. Des collègues ne vont pas marquer hyperthermie, mais insuffisance respiratoire et décès. Là, toutes morts confondues, Santé Publique France regarde toutes les causes de décès."
A-t-on tiré les leçons de la canicule de 2003 ? "Avant, il n’y avait rien. Trois choses ses sont aggravées : d’abord, le tissu hospitalier ne permet pas d’accueillir tout le monde. Ensuite, la population vieillit. Mais on n'a pas dimensionné notre système social et sanitaire pour prendre en charge les personnes âgées. C’est totalement anticipable. Enfin, est-ce normal d’avoir quasiment 4000 morts parce que les gens crèvent de chaud chez eux ? On devrait adapter notre habitat, les moyens technologiques existent pour refroidir. On voit bien que les villes ne sont pas du tout adaptées à ce qui est en train d’arriver."
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