Freeride et patinage artistique synchronisé promus, combiné nordique sorti: le Comité international olympique a bouclé mardi le programme sportif d'Alpes 2030, ultime étape d'une série de décisions prises ces dernières semaines.
La prochaine édition des Jeux d'hiver attendue dans les Alpes françaises atteindra "la parité femmes-hommes" pour la première fois aux Jeux d'hiver chez les athlètes, avec au total 3.046 participants attendus dans 126 épreuves, a par ailleurs précisé l'instance olympique dans un communiqué.
Après avoir validé la semaine dernière la reconduction du ski-alpinisme, "sport additionnel" qui a fait ses débuts olympiques en février à Milan Cortina, le CIO pouvait encore intégrer de ,nouvelles disciplines, rattachées à des fédérations internationales déjà olympiques.
Réunie mardi à Lausanne, sa commission exécutive a opté pour le patinage synchronisé et le freeride.
Le rider suédois Carl Regner Eriksson lors des finales du Freeride World Tour Xtreme le 20 mars 2025 dans la station suisse de Verbier
Maxime SCHMID - AFP/Archives
Objet d'un patient lobbying trente ans après ses premières compétitions, le freeride "a connu une croissance internationale rapide", vante le CIO, et séduit des "fans jeunes et enthousiastes" par ses figures tracées dans la poudreuse.
Quatre épreuves dseront organisées en 2030 - ski, snowboard, hommes et femmes - a priori dans le pôle du Briançonnais qui accueillera toutes les épreuves de freestyle, que ce soit en ski ou en snowboard.
Le patinage artistique synchronisé dit "Synchro9", qui a organisé ses premiers Mondiaux en 2000, va lui faire découvrir à une audience olympique des figures réalisées simultanément à neuf patineurs.
- Le combiné pas repêché -
"L'arrivée du freeride et du patinage artistique synchronisé illustrent cette volonté d’ouvrir les Jeux à de nouvelles pratiques et à de nouveaux publics. Dans les Alpes françaises, ces disciplines trouveront un terrain d’expression exceptionnel", a commenté Edgar Grospiron, président du comité d'organisation des Alpes 2030.
Au rang des ajouts suivis de près par le camp français figure aussi une nouvelle épreuve de relais mixte simple en biathlon, grand pourvoyeur de médailles tricolores.
A l'inverse, le combiné nordique disparaît alors qu'il était présent sur la scène olympique depuis la première édition hivernale, en 1924 à Chamonix, et demeurait la seule discipline réservée aux hommes.
Cette combinaison de ski de fond et saut à ski était sur la sellette avant même les JO de Milan Cortina en février dernier, le CIO pointant à la fois son vivier restreint de pratiquants - cinq pays se sont partagé les médailles des quatre derniers JO - et un manque d'intérêt du public.
Fabrice Guy en pleine action sous les yeux de son compatriote Sylvain Guillaume (bandeau sur les cheveux)
power his way uphill during the men's lors du relais 3x10 km de combiné nordique des Jeux olympiques d'Albertville le 18 février 1992 à Courchevel
MICHEL PORRO - AFP/Archives
Citant des "indicateurs de popularité", l'instance de Lausanne indique que "le combiné nordique s'est classé au dernier rang de toutes les disciplines des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi 2014, PyeongChang 2018, Pékin 2022 et Milan-Cortina 2026".
De nombreuses athlètes soutenues par leurs coéquipiers poussaient le CIO à féminiser l'épreuve, mettant en avant l'existence d'une Coupe du monde féminine annuelle et de Mondiaux organisés tous les deux ans depuis 2021.
Mais cette option n'a pas été retenue, et "c'est vraiment dommage", déplore auprès de l'AFP le Français Fabrice Guy, champion olympique en 1992 devant son compatriote Sylvain Guillaume. Même si le combiné nordique reste théoriquement éligible pour les JO-2034 à Salt Lake City, "ça va être compliqué de motiver les gamins, beaucoup vont partir, il y aura moins d'argent et d'ici quatre ans la discipline risque de mourir".
Avec un ultime coup de tampon que donnera vendredi le Comité international paralympique (IPC), l'essentiel de la structure d'Alpes 2030 est désormais arrêté, avec quatre pôles principaux - Savoie, Haute-Savoie, Briançonnais, Lyon - qui accueilleront les compétitions ainsi que les villages des athlètes.
Les organisateurs ont également dévoilé en juin les emblèmes de l'événement, et le tout premier partenaire financier, EDF, a été annoncé il y a quelques jours.
Sur la carte des sites reste encore un dernier détail à régler, soit la répartition des épreuves de glace - patinage, hockey sur glace, curling et short-track - dans Lyon et sa métropole, suite au rapatriement précipité de ce pôle initialement prévu à Nice.
Par Katia DOLMADJIAN, Coralie FEBVRE / Lausanne (AFP) / © 2026 AFP
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