Yves Buisson : "la vaccination, c’est le seul moyen par lequel nous sortirons de cette crise sanitaire"

Yves Buisson, épidémiologiste et membre de l’Académie de médecine, était l'invité de Jean-Marie Bordry dans "Les vraies voix" le 11 août 2021 sur Sud Radio.

Au 11 août 2021, 44,9 millions de Français ont reçu au moins une dose d'un vaccin contre le Covid-19. © AFP

Pour Yves Buisson, le pass sanitaire devrait se transformer en pass vaccinal, car la vaccination est l’unique issue de cette épidémie de Covid-19. Selon lui, les autorités auraient dû le dire aux Français dès début 2021.

 

"On prône une exigibilité de la vaccination pour un grand nombre de situations"

"Voyant non pas le variant Delta mais le manque d’enthousiasme de certains Français pour se faire vacciner, alors que nous disposions déjà de suffisamment de doses pour vacciner tout le monde, il y a quelques mois à l’Académie de médecine on s’est dit qu’on n’aurait jamais le nombre de personnes vaccinées suffisant pour en venir à bout de cette épidémie. Donc, il faut une vaccination obligatoire. Et qu’on s’entende bien sur le mot 'obligatoire', qui est souvent pris comme une menace ou une punition potentielle. C’est une vaccination universelle, tous les Français seront vaccinés.

Plutôt qu’une obligation vaccinale, on prône une exigibilité de la vaccination pour un très grand nombre de situations. D’abord des situations professionnelles : que tous les fonctionnaires soient vaccinés, que tous les étudiants et les lycéens soient vaccinés, que toutes les professions qui sont au contact du public soient vaccinées… Et puis toutes les activités de loisirs et de déplacements. On prône un pass vaccinal, non substituable par des tests répétés", a déclaré Yves Buisson.

"Dès le premier trimestre il aurait fallu dire aux Français qu’un jour ils auraient tous besoin d’être vaccinés"

Selon Yves Buisson, dès le début, le gouvernement aurait dû adopter un tout autre type de communication au sujet de la vaccination contre le Covid-19. "Le gouvernement ne devrait pas avancer à reculons, céder un petit peu le pas devant l’avancée du virus mais être plus persuasif, plus déterminé, plus offensif. Dès le premier trimestre il aurait fallu dire aux Français qu’un jour ils auraient tous besoin d’être vaccinés dès qu’on aurait assez de vaccins pour le faire. Ce n’est pas une obligation, c’est un objectif. C’est le seul moyen par lequel nous sortirons de cette crise sanitaire. Et ça, je pense que ça aurait pu être fait sans brandir le mot 'obligation', sans brandir les sanctions, en expliquant qu’il n’y a pas d’autre moyen. Sinon on accepte la perspective d’un reconfinement, d’un nouveau couvre-feu."

 


 

"On peut scientifiquement immuniser les gens à partir de l’âge de 12 ans"

"Le rapport bénéfice-risque, c’est une expression qu’on emploie souvent à tort et à travers. Bien évidemment, plus on risque de faire une forme grave de la maladie, plus le bénéfice du vaccin est prononcé. Inversement, moins on est jeune, moins cet avantage est évident. En revanche, on parle en termes de collectivité, d’immunité collective. Cette population, on peut scientifiquement l’immuniser à partir de l’âge de 12 ans", a déclaré Yves Buisson.

Quid des risques de complications? "En France on a l’un des meilleurs systèmes de pharmacovigilance au monde. Tout est déclaré, tout est analysé, rien n’est laissé de côté. Chez les enfants, les garçons notamment, des péricardites et des myocardites ont été signalées. Elles sont extrêmement rares, de l’ordre de 0,001%, et sont parfaitement récupérables sous un traitement simple", a expliqué Yves Buisson

 

 

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