La compagnie Velvet ne laisse rien au hasard pour tenter de séduire ses futurs voyageurs. Des trains verts, un logo couleur lilas et un design moderne, la compagnie joue son va-tout. Le premier train a été présenté ce mercredi 22 avril à La Rochelle, ville dans laquelle ont été construites les voitures.
Une expérience adaptée à tous
Pour tenter d’alpaguer les voyageurs, Velvet veut se démarquer par une image plus séduisante. Mais pas seulement. Selon la PDG de la compagnie Rachel Picard, ils "travaillent de manière rigoureuse pour aller chercher tous les petits détails qui font la différence et qui font que chacun va y trouver ce qu'il cherche". Pour le moment, impossible de se figurer à quoi ressemblera l’intérieur des rames. "On ne répond pas sur ce qu'il y aura à bord. On vous réserve la surprise !", avoue Rachel Picard.
Les cadres de Velvet ont « passé des journées à voyager en train en Europe, mais aussi en bus et en avion, pour prendre le meilleur de ce que font les autres » pour imaginer l’intérieur, raconte Rachel Picard. Un exercice difficile : un seul train doit adresser des clientèles très diverses, des familles qui partent en week-end aux déplacements professionnels de la semaine, chacun ayant ses demandes et des utilisations différentes.
Concurrencer la SNCF sur le service et sur le prix ?
Velvet est la première compagnie ferroviaire indépendante française. En réalité, la compagnie italienne Trenitalia relie déjà actuellement Paris au Sud-Est de la France jusqu'à l'Italie et l'Espagnol Renfe relie lui Lyon avec l'Espagne. Mais, il restait un marché à prendre sur la façade Atlantique. Un constat qu’avance Rachel Picard : « Aujourd'hui, il manque des places pour voyager sur le grand ouest. On a constaté que 15 % des voyageurs restent à quai, ils ne trouvent pas de place de train alors qu'ils aimeraient voyager et selon nos estimations, 25 % ne trouveront pas de place en 2030 si rien n'est fait ».
« Les lignes que l’on vise sont en sous-capacité, les trains sont complets des semaines à l’avance, souligne la PDG. On vient proposer des places en plus.» Le positionnement prix, essentiel, est lui encore un secret. Tim Jackson, co-fondateur de Velvet ne veut pas proposer un modèle low cost à l’instar de Ouigo. « Vous savez, c’est comme pour les voitures, argumente Tim Jackson. Des gens roulent en Peugeot, d’autres en Renault. Y en a-t-il un meilleur que l’autre ? Il y’a surtout le choix.»
Des premiers test pour 2027
La première rame fera l’objet de tests jusqu’à la fin d’année 2026 sur le site de La Rochelle, pour contrôler le bon fonctionnement de tous les équipements. « L’objectif est d’aller faire les essais dynamiques sur le réseau ferré début 2027 », détaille Guillaume Lheritier, directeur de projet pour la fourniture du matériel roulant chez Alstom. La mise en service publique n’est prévue que l’année suivante. Alstom supervisera tous ces essais et s’occupera ensuite de la maintenance des trains de Velvet, avec qui un contrat de 15 ans a été paraphé. Malgré des retards récurrents de livraison, le constructeur assure ici être dans les temps sur le calendrier fixé. “Nous avons même 10 jours d’avance”, ironise Tim Jackson.