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"Un proie idéale": Isabelle Adjani se défend en appel d'avoir cherché à frauder le fisc

"Je ne suis pas la voleuse du siècle": jugée pour fraude fiscale mercredi à Paris, Isabelle Adjani s'est décrite devant la cour d'appel comme "une proie", "victime d'escroqueries successives".

Alain JOCARD - AFP

"Je ne suis pas la voleuse du siècle": jugée pour fraude fiscale mercredi à Paris, Isabelle Adjani s'est décrite devant la cour d'appel comme "une proie", "victime d'escroqueries successives".

"Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (...). J'ai la phobie des papiers", a expliqué l'actrice, la voix serrée, à la barre.

L'artiste de 70 ans a déjà été condamnée, en 2013, à deux ans d'emprisonnement avec sursis et 250.000 euros d'amende pour s'être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017 et avoir dissimulé une donation en prêt en 2013.

"Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme", a-t-elle expliqué, rejetant la faute sur ses conseillers fiscaux.

Mais aussi sur ceux qui l'ont selon elle trompée: l'un des gérants de sa société Isia Films et son ex-compagnon, le médecin Stéphane Delajoux, qu'elle accuse à la barre "d'avoir euthanasié sa mère".

"J'ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j'ai cru qu'il était victime d'une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida (une fausse rumeur lui attribuait la maladie, NDLR)".

Isabelle Adjani au festival du film américain de Deauville, dans le Calvados, le 14 septembre 2024

Isabelle Adjani au festival du film américain de Deauville, dans le Calvados, le 14 septembre 2024

LOU BENOIST - AFP/Archives

Face à l'incapacité de l'actrice à estimer le montant de ses impôts (environ 455.000 euros en 2023) la présidente, Pascaline Chamboncel-Saligue, résume: "Vous avez d'autres priorités que le financier".

Très émue, Isabelle Adjani l'admet: "Je suis la proie idéale et j'ai horreur de vous le dire".

- Gentils donateurs -

Isabelle Adjani à Paris le 18 janvier 2024

Isabelle Adjani à Paris le 18 janvier 2024

ALAIN JOCARD - AFP/Archives

"Vous aviez pourtant un conseiller fiscal ?", lui demande l'avocat général, Laurent Couderc. "Je n'ai pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière", répond-elle.

"Vous jouez de malchance", poursuit-il. "Je ne vous le fais pas dire", enchaîne-t-elle.

Domiciliée à Carcavelos au Portugal, l'actrice explique avoir "toutes ses affaires au Portugal" mais "ne pas être ancrée", ni "confinée à résidence".

"Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal", a fait valoir Me Ralph Boussier, l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

"Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent, on saute d'une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou deux millions d'euros", a-t-il ajouté.

Au sujet des deux millions d'euros versés par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d'affaires, l'actrice dément avoir cherché à masquer une donation pour échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation.

"Je savais que j'avais du temps pour le rembourser, il m'a fait un avenant, il m'a libérée de l'obsession de le rembourser car il n'avait pas besoin que ce soit rapide."

"Je le rembourserai jusqu'au dernier centime", a-t-elle répété.

"Je ne vais jamais contourner l'impôt et me retrouver dans une situation d'illégalité, pour quoi faire ? Je n'ai pas l'intelligence de la manœuvre des escrocs", a assuré l'actrice.

L'audience reprendra jeudi après-midi avec les réquisitions et les plaidoiries de la défense.

Par Charlotte HOUANG / Paris (France) (AFP) / © 2026 AFP

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