Traçabilité défaillante, propreté douteuse, rejets intempestifs: un rapport accable la centrale nucléaire de Golfech

C’est un rapport au vitriol que vient de rendre l'ASN, l'agence de sécurité nucléaire, à propos de la centrale de Golfech en Tarn-et-Garonne. Le gendarme du nucléaire se dit inquiet du fonctionnement de la centrale ouverte il y a 30 ans au bord de la Garonne, et qui alimente en l’électricité la moitié de la Région Occitanie. Un bilan accablant qui pose la question de l’entretien de cette centrale.

(PASCAL PAVANI / AFP)
Reportage Sud Radio de Christine Bouillot

 

Traçabilité très défaillante des informations, propreté douteuse des locaux potentiellement contaminés, rejets intempestifs dans la nature de substances (heureusement non-radioactives !). On peut dire que le rapport du gendarme du nucléaire étrille le fonctionnement de cette centrale, ce qui malheureusement ne surprend pas le président de la commission locale d'information (CLI) de Golfech, Mathieu Albugues.

"Nous ne sommes pas vraiment surpris puisque, depuis déjà 2018, la CLI, pointe du doigt une perte de performance sur Golfech. Il faudra qu'on ait des échanges très rapidement avec le nouveau directeur, pour lui demander de redresser la barre sans délai".

 

Sous-traitants (sur-)exposés selon les associations

Le rapport dénonce un manque de rigueur en matière de maintenance, souvent pour des raisons financières, selon l'association "Les amis de la Terre":

"Pour aller aux radiations, ce sont des gens qui sont sous-traitants, parce-que si c'était des personnels titulaires, il faudrait les mettre à l'abri des radiations au bout de deux/trois ans. Donc on prend du personnel taillable et corvéable à merci, qui est sous-traitant."

 

Pour le coordinateur régional du collectif "Stop Golfech", après 30 années de fonctionnement, la centrale est véritablement à bout de souffle. "Eux même craignent que cette dégradation nous entraîne vers un accident majeur, dénonce t-il. Et ça c'est très très très inquiétant". L'ASN a placé la centrale sous surveillance rapprochée, le directeur va être remplacé.

 

(PASCAL PAVANI / AFP)