Tireur retranché de Dordogne : le bracelet électronique est-il efficace ?

Déjà condamné quatre fois pour des faits de violences conjugales, le tireur retranché de Dordogne était soumis au port du bracelet électronique. Pierre-Marie Sève, délégué général de l’Institut pour la Justice, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 31 mai. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

"On ne va pas en prison, même quand on est condamné"

Le forcené est toujours introuvable, malgré le déploiement des forces de gendarmerie. Mais comment fonctionne le port du bracelet électronique en France, alors que cet homme l’a enlevé pour retourner voir son ex-compagne ? "Le bracelet électronique se porte soit en attente d’un procès, soit dans le cadre de ce que l’on appelle l’aménagement de la peine, explique Pierre-Marie Sève, délégué général de l’Institut pour la Justice. En France, une grande majorité des peines sont aménagées, on ne va pas en prison, même quand on est condamné."

"Ce dispositif existe depuis 1997 et permet de passer des détentions à domicile. Il existe plusieurs sortes de bracelets électroniques. D’abord le bracelet radio, utilisé dans la quasi totalité des cas en France. C’est un bracelet le plus souvent à la cheville, avec un beacon, un récepteur. Quand on sort d’une certaine zone, le bracelet émet un signal. C’est comme cela que l’on contrôle, c’est assez basique, et c’est ce qui est le plus utilisé en France."

Un immense problème de places de prison

"D’autres systèmes existent, et pourraient être très intéressants à utiliser, souligne le délégué général de l’Institut pour la Justice. Le bracelet mobile, par exemple, est un traceur GPS. Il permettrait concrètement de savoir ce que fait la personne sortie de la zone." Pour autant, là aussi, si on l’enlève, impossible de vous tracer. "En effet, c’est assez sommaire et c’est pourquoi on l’utilise pour les délinquants que l’on estime les moins dangereux. Malheureusement, il y a clairement des failles. À Hayange, il y a quelques jours, un homme qui avait retiré son bracelet a tué sa compagne."

D’autant plus que, "une fois que le bracelet bippe, c’est un appel à la centrale, et absolument pas la police qui arrive pour « coffrer » la personne." Mais alors pourquoi avoir recours au bracelet électronique, y a t-il des exemples à l'étranger où cela fonctionne ? "D’abord, par rapport à l’étranger, la France a un immense problème de places de prison. La raison première pour laquelle nous avons recours au bracelet électronique est que nous n’avons pas les moyens matériels de mettre ces gens en prison. À la place de pendant la peine, il aurait plutôt de l’intérêt après la peine."

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